Réponse du MJC de Toulouse à la direction nationale du MJC, le 4 janvier 2006

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A l’attention de la Coordination Nationale du MJC

Chers camarades,

Nous accusons réception du courrier, signé le 14 décembre 2005 par Manuel Blasco, membre de la coordination nationale, au sujet de la situation dans la fédération du MJC de Haute-Garonne [1]

Même si nous ne sommes pas d’accord, sur plusieurs points, avec le contenu de ce courrier, nous nous félicitons de cette prise de contact. Nous pensons qu’un échange franc, fraternel et démocratique de nos points de vue respectifs, au vu et au su de tous les jeunes communistes, constitue la meilleure façon possible de régler les problèmes qui se posent au sein du MJC. Il s’agit de défendre les droits démocratiques de tous les Jeunes Communistes qui, quelles que soient leurs idées, doivent pouvoir les exprimer librement et ouvertement, sans craindre de faire l’objet d’une campagne de dénigrement et de marginalisation, ou de subir les incessantes manœuvres bureaucratiques dont nous avons fait l’objet de la part de David Fourcade, secrétaire fédéral du MJC de Haute-Garonne.

Indépendamment de son contenu, le courrier de Manuel Blasco marque un sérieux pas en avant, puisqu’il a été adressé nommément à « Christophe , secrétaire de la section de la JC de Toulouse ». Ce détail est important, puisque David Fourcade a toujours affirmé que notre section « n’existait pas ». Votre courrier, et la reconnaissance officielle de notre existence qu’elle implique, inciteront peut-être David Fourcade à abandonner ce comportement puéril.

Un deuxième point a attiré notre attention. Voici ce qu’écrit Manuel Blasco : « Concernant la question du rapport entre le MJCF et La Riposte. Il est tout d’abord rappelé qu’il ne peut y [avoir]aucun rapport organique entre ces deux organisations. Ce qui signifie que dans les relations entre les jeunes communistes, au niveau local, national, comme dans les relations entre différents niveaux, l’appartenance à La Riposte ne peut ni ne doit être prise en compte. »

Nous signons ce principe des deux mains, et il serait grand temps qu’il soit respecté par la direction nationale du MJC, et au niveau local par David Fourcade. Comme le dit Manuel Blasco, La Riposte est une organisation totalement indépendante du MJC. Des membres du MJC peuvent y adhérer, comme ils peuvent adhérer, s’ils le souhaitent, au MRAP ou à d’autres associations. Mais le fait d’appartenir à l’association La Riposte, d’être un lecteur de son journal ou tout simplement de se déclarer en accord avec ses idées marxistes, n’autorise pas les responsables nationaux ou fédéraux du MJC à réserver aux jeunes communistes concernés un traitement différent des autres. Nous pensons notamment à la tentative de les marginaliser en les qualifiant d’« infiltrés », d’« entristes » ou de prôner, à la manière de Nadhia Kacel, la mise à l’écart de tous les jeunes communistes membres de La Riposte.

L’accueil singulier réservé à nos délégués à l’ANA

Venons-en maintenant au contenu du courrier. Il aborde en premier lieu le refus, de la part de la direction nationale du MJC, de la participation des délégués toulousains lors de l’Assemblée Nationale des Animateurs du 11-13 novembre dernier [2]. Il précise que les délégués à cette instance doivent être élus par l’instance départementale du MJC, et non par une instance locale. Ainsi, il cherche à justifier la mise à l’écart de notre délégation par des considérations statutaires.

Premièrement, s’il y a un problème de ce point de vue, la responsabilité tombe entièrement sur les épaules du secrétaire fédéral, qui n’a pas voulu organiser une réunion en bonne et dûe forme de l’« instance fédérale ». Il paraît qu’une rencontre en « petit comité » a eu lieu à un moment donné, mais la vaste majorité des membres du MJC n’en a pas été informée. Notre secrétaire de section a été prévenu la veille seulement, par e-mail, et le trésorier n’en a eu connaissance qu’après la date !

Comme par hasard, cette réunion peu représentative n’a nommé aucun membre actif de notre section, ni même son secrétaire – qui n’est visiblement pas considéré comme un « animateur » par David Fourcade. Nous avons écrit une lettre de protestation [3] à ce sujet et nous l’avons informé de la date à laquelle nous allions élire nos délégués. David Fourcade n’a pas répondu à notre lettre et n’a pas voulu venir à la réunion non plus, car pour lui, notre section « n’existe pas ». Enfin, il faut noter qu’aucun des soi-disant « délégués » co-optés par David Fourcade ne s’est donné la peine d’assister à l’ANA, et que la direction nationale, comme David Fourcade lui-même, a préféré n’avoir aucun délégué de la Haute-Garonne plutôt que d’en accepter qui seraient associés d’une manière ou d’une autre à notre section.

Le comportement de la direction nationale à notre égard, lors de l’ANA, était totalement inacceptable. Pourquoi ne pas avoir accepté au moins un délégué – le secrétaire de section, par exemple ? De par sa fonction, il est, de toute évidence, un animateur du MJC. Pourquoi ne pas avoir laissé rentrer les autres camarades en tant qu’observateurs, puisqu’ils se sont donnés la peine de venir de Toulouse ?

Manuel Blasco a raison quand il dit que le problème des formalités nous a été expliqué, mais il a omis de préciser ce qui nous a été expliqué par les personnes qui nous interdisaient l’accès à la salle. Il nous a été dit très clairement que nous ne pouvions pas rentrer parce que nous n’étions pas « dans la ligne » du MJC. Nadhia Kacel s’est montrée particulièrement virulente à notre sujet. Elle a déclaré devant plusieurs témoins que notre secrétaire était « incapable d’aligner deux mots ». Est-ce ainsi qu’il faut parler à un camarade qui est jeune travailleur et délégué syndical ?

La brutalité des propos qui nous ont accueillis à l’ANA trahit le véritable « problème », celui d’une flagrante discrimination politique contre la section de Toulouse – d’une part, parce qu’elle n’est pas « dans la ligne », et d’autre part parce que le fait d’accepter une délégation de notre section aurait démoli d’un seul trait la thèse de David Fourcade selon laquelle elle « n’existe pas ».

Pour finir, notons que d’autres délégués, en provenance d’autres régions de France, qui n’étaient pas non plus inscrits sur la fameuse « liste », ont été tout de même admis sans difficulté.

Des « réunions parallèles »

Manuel Blasco écrit que « la direction de la fédération dit que la section de la JC de Toulouse fait des réunions parallèles, autrement dit se déroulant dans un autre lieu mais au même moment [que les réunions départementales]. » Ceci est complètement faux. Le camarade Manuel Blasco se devait, à notre avis, de procéder à un minimum de vérification avant de reproduire dans son courrier les mensonges de David Fourcade. Ceci est une pure invention de la part de David Fourcade, et s’il dit le contraire, qu’il nous fournisse les dates de ces rencontres mystérieuses !

Les réunions sont toujours tenues dans le même local : au 26 rue Compans (local partagé par plusieurs sections du PCF de Toulouse). Ce que David Fourcade appelle des « réunions parallèles » sont tout simplement les réunions régulières de la section de Toulouse, dont les dates sont connues bien à l’avance et qui se déroulent tous les quinze jours, un mercredi sur deux à 18h30, depuis que nous avons relancé l’activité fin 2004, la seule activité en Haute-Garonne à l’époque. Tous les adhérents sont invités à participer à nos réunions, à donner leur point de vue sur les activités menées, dans un échange fraternel et constructif.

Nos activités sur Toulouse-Le Mirail

Après une longue période de « mise en sommeil », la section toulousaine du MJC a été relancée fin 2004. Depuis l’élection de son secrétaire actuel en janvier 2005, la section a mené une activité permanente sur le terrain, organisant tour à tour des activités auprès de lycéens, des jeunes travailleurs et des étudiants, ce qui explique la croissance régulière de ses effectifs et la forte motivation de ses militants.

A la faculté du Mirail, en novembre 2005, nous avons organisé, en concertation avec l’UNEF, le Cercle Bolivarien de Toulouse, La Riposte et la campagne Pas Touche au Venezuela, une conférence particulièrement réussie sur la révolution au Venezuela. La conférence a réuni environ 230 étudiants, et a été suivie, une semaine plus tard, par la projection de l’excellent film La révolution ne sera pas télévisée, ce qui a attiré encore 150 étudiants environ.

Ces réunions publiques, les seules organisées par le MJC depuis la rentrée scolaire sur le Mirail, ont été discutées et préparées pendant un mois lors des réunions de la JC, période pendant laquelle toute critique constructive ou aide a toujours été la bienvenue.

Le fait est que, non seulement David Fourcade n’a jamais pris contact avec les camarades en leur disant son désaccord, mais qu’en plus il s’est permis de contacter l’UNEF pour leur dire que la section de la JC de Toulouse « n’avait pas de légitimité » pour co-organiser cette initiative et devait retirer son logo du tract. Plutôt que de venir s’expliquer en personne, il préfère tenter de miner nos initiatives publiques en coulisse.

Manuel Blasco semble vouloir justifier cette tentative scandaleuse de semer le trouble, la veille de la tenue de la conférence, en citant encore une fois David Fourcade, et encore une fois sans se donner la peine de vérifier l’exactitude de ses propos.

Par ailleurs, le 14 décembre dernier, David Fourcade a fait une nouvelle tentative pour saborder le travail de notre section. La JC de Toulouse a été contactée par un syndicat étudiant de l’Université de sciences sociales pour participer à un débat sur la révolte des banlieues. Mais David Fourcade, ainsi que Claude Gastou (UEC), apprenant l’invitation, ont appelé l’organisatrice la veille de la réunion pour lui dire que Hubert Prévaud ne pouvait pas intervenir au nom des JC, et qu’ils viendraient représenter la JC en lieu et place. Or ces derniers n’ont finalement même pas pris la peine de venir au débat pour représenter la jeunesse communiste toulousaine. La preuve est donc faite qu’ils ne voulaient pas véritablement participer au débat, mais plutôt discréditer la section JC de Toulouse. Or ce débat regroupait toutes les formations politiques de la jeunesse (jeunes verts, jeunes socialistes, jeunes UMP, jeunes UDF et jeunes communistes), et a été filmé par la chaîne de télévision locale TLT. Heureusement que les camarades de la JC Toulouse y ont participé, sans quoi il n’y aurait eu personne pour représenter la JC !

L’invitation faite à Greg Oxley de s’adresser aux jeunes communistes de Toulouse

Vous nous reprochez le fait d’avoir invité un représentant de La Riposte à faire un exposé sur les perspectives économiques, sociales et politiques pour la France à l’une de nos réunions de section. Mais la présentation qui est faite de cet événement dans votre courrier n’est pas très honnête. Elle donne l’impression que La Riposte a organisé une activité dans les locaux du MJC. Or ceci n’est pas vrai – et vous le savez très bien. Vous dites : « … les lieux dévolus à l’activité des jeunes communistes ne peuvent faire l’objet d’une quelconque activité de La Riposte. En ce sens la réunion tenue dans le local de la section de la JC Toulouse avec Greg Oxley, rédacteur en chef de La Riposte, et présenté comme tel, est en contradiction avec l’indépendance organisationnelle du MJC. »

En l’occurrence, la « réunion tenue dans le local de la JC » était une réunion publique organisée par la section du MJC de Toulouse, à laquelle étaient invités des membres du PCF, des syndicalistes et tous ceux qui souhaitaient y assister. Nous avons invité, à cette occasion, Greg Oxley, qui est un membre du PCF et le rédacteur en chef de La Riposte, et nous lui avons demandé de nous faire une présentation des perspectives sociales, économiques et politiques pour la France. La réunion était une franche réussite. La discussion était très animée. Chacun pouvait prendre la parole et exprimer son point de vue, dans la meilleure tradition démocratique de notre mouvement. En quoi cette invitation est-elle « en contradiction avec l’indépendance organisationnelle du MJC » ? La décision d’inviter Greg Oxley était prise collectivement et démocratiquement par la section, qui a parfaitement le droit – en tout « indépendance » – d’inviter les intervenants syndicaux, associatifs et politiques de son choix.

Voulez-vous vraiment dire qu’il est interdit aux sections du MJC d’inviter et d’écouter des intervenants qui ne sont pas membres du MJC ? Ceci serait tout à fait absurde. De telles interventions nourrissent notre réflexion et nous aident à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ou peut-être voulez-vous dire que cette interdiction ne s’applique qu’aux personnes qui sont associées à La Riposte ?

L’article dans La Riposte / Droit de réponse

Manuel Blasco écrit : « Des articles du journal La Riposte de novembre reproduisent des points de vue de responsables de la section de la JC Toulouse. Ces articles rapportent des événements partiels, qui sont orientés et organisés pour ne montrer qu’un seul et unique point de vue (…) Ayant été publiés, ils peuvent faire l’objet d’un droit de réponse. »

Si, comme il est dit dans votre courrier, « dans les relations entre les jeunes communistes, au niveau local, national, comme dans les relations entre différents niveaux, l’appartenance à La Riposte ne peut ni ne doit être prise en compte », alors, nous vous prions de vous adresser directement à la rédaction de ce journal, et pas à la section JC de Toulouse.

Le courrier adressé à la direction du PCF

Enfin, « des courriers ont été envoyés à la direction du Parti Communiste, qui, à son tour, nous a interpellé. Ces courriers font là encore état de faits qui, selon la direction départementale, sont sujet à interprétation, voir sont déformés. »

Il s’agit en fait d’un seul courrier concernent la tentative scandaleuse, de la part de David Fourcade, d’obtenir des renseignements d’ordre personnel et professionnel sur une militante de notre section, auprès d’un collègue sur les lieux de son travail. Vous dites que le contenu de ce courrier est « sujet à interprétation ». David Fourcade a-t-il fait, oui ou non, ce dont parle ce courrier ? Et si oui, de quel droit et dans quel but ? Ne croyez-vous pas qu’il soit nécessaire de mettre fin aux pratiques de ce genre ?

Vos propositions

Vers la fin de votre courrier, vous formulez une proposition.

« Unifier les différents états d’organisation locaux ainsi que celui de la fédération ; que celui-ci soit sous l’autorité conjointe du responsable à l’organisation de la fédération ou, à défaut, du secrétaire départemental, des responsables à l’organisation des unions de ville, et des secteurs de l’UEC, et du suivi du conseil national. »

Nous sommes tout à fait d’accord sur la nécessité de réunir, régulièrement et avec des convocations en bonne et dûe forme, les responsables des différentes structures du MJC et de l’UEC dans le département. A partir du moment où ces réunions sont sérieusement organisées, elles devraient permettre d’échanger des informations, de prévoir des activités conjointes, et de débattre démocratiquement d’éventuelles divergences.

Ces rencontres nous permettraient, sans doute, d’instaurer un « régime » beaucoup plus sain et démocratique concernant les affaires de la fédération, notamment en ce qui concerne la gestion de ses ressources financières. Nous savons que le MJC dans le département dispose de fonds relativement importants au regard de ses besoins actuels, et pourtant aucune explication n’a été donnée, et ce depuis plusieurs années, de l’utilisation qui en a été faite. Ceci n’est pas acceptable dans une organisation démocratique. De plus, nous pourrions aussi régler la question des frais de déplacements de nos délégués qui sont allés à Paris pour l’ANA, et qui ont dû avancer l’argent.

Il serait souhaitable, aussi, d’en finir avec la lenteur délibérée en ce qui concerne l’encaissement des chèques des camarades considérées comme n’étant pas « dans la ligne », laissant ainsi ouverte au secrétaire fédéral la possibilité de contester leur qualité d’adhérant lors des votes, ainsi que la non-attribution de leurs cartes d’adhérant, même après l’encaissement des chèques.

Pour toutes ces raisons, nous répondons favorablement à l’idée de réunir une direction fédérale sur des bases sérieuses.

Cependant, si le terme « unifier » signifie la dissolution de la section toulousaine du MJC, ceci est bien évidemment totalement hors de question. Nous maintiendrons notre section, qui poursuivra son combat contre le capitalisme et pour les idées du communisme, que cela plaise ou non à David Fourcade. Nous ferons tout notre possible pour renforcer davantage la section toulousaine du MJC, dans l’espoir que, dans un avenir proche, d’autres sections, tout aussi actives et motivées, puissent prendre forme à travers le département.

Fraternellement,

Hubert Prévaud, trésorier (jeune travailleur), Christophe, secrétaire (jeune travailleur), Antonin D. (jeune travailleur), Salama Mondiner-Ghazouane (jeune travailleuse), Boris Campos (lycéen), Nafis Ghazouane (étudiant), Naiké Caldéra (étudiant), Agnès Lavabre (lycéenne), Lidia Campos (lycéenne), Pablo Dardel (lycéen).

Fait à Toulouse, le 04 janvier 2006

La Riposte

 

[1] Lettre de Manuel Blasco à la Section MJC de Toulouse, du 14 décembre 2005

[2] Voir l’appel de la section toulousaine à l’ANA

[3] Voir Lettre et résolution de protestation sur la désignation des délégués toulousains à l’ANA, du 22 octobre 2005

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