Hobsbawm : le Professeur rejoint l’Establishment (3e partie)

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Cet article, écrit le 30 octobre 2012, est la suite de l’articleHobsbawm : l’apôtre du Blairisme (2ème partie)


Une crise ? Quelle crise ?

Je viens de lire une interview d’Eric Hobsbawm réalisée par Wlodek Goldkorn, dans L’Espresso. Comme la plupart de ses derniers écrits, c’est un recueil de propos incohérents sans queue ni tête. Mais une ou deux phrases sont hautes en couleur. Hobsbawm assure aux lecteurs de L’Espresso qu’il n’y a aucun souci à se faire concernant l’avenir du capitalisme. Voici comment Goldkorn résume l’interview :
« L’annonce de la mort du capitalisme est pour le moins assez prématurée. Ce système économique et social qui a dominé le monde pendant des centaines d’années n’est même pas malade, il suffit de voir la Chine pour en être convaincu, et de voir comment elle s’ouvre au futur. À l’Est, des masses de paysans entrent dans le monde ouvrier, en quittant le monde rural pour devenir prolétaires. Un nouveau phénomène a émergé, sans précédent dans l’histoire du capitalisme : l’ancienne bourgeoisie éclairée, créative, qui est même prédatrice – comme l’a décrit Marx dans le Manifeste Communiste – a été remplacée par les institutions publiques. En résumé, nous ne sommes pas en train d’assister à l’apocalypse, et aucune révolution ne pointe le nez. Le capitalisme est juste en train de changer de peau ».

À chaque fois qu’il parle du socialisme, le Professeur Hobsbawm sombre dans le plus profond des pessimismes. Mais lorsqu’il parle des perspectives futures du capitalisme, il se ragaillardit immédiatement et exprime son entière confiance dans ses développements à venir. À l’heure actuelle, on pourrait chercher longtemps, et en vain, dans les éditoriaux de la presse bourgeoise avant de trouver un tel optimisme. D’ailleurs, le journaliste italien ne semble pas être totalement convaincu par le diagnostic optimiste du professeur, et ose même demander à ce dernier s’il existe un remède à un système qui, ne lui en déplaise, est très clairement malade.

À la question, « Y a-t-il un remède ? », le Professeur répond :
_ « Oui, aussi longtemps que vous comprenez que l’économie n’est pas une fin en soi, mais affecte les humains [!]. On peut le voir en observant l’évolution de la crise. Selon les croyances archaïques de la gauche, la crise est susceptible de produire des révolutions. Nous n’avons pas assisté à cela (à l’exception de quelques manifestations de colère). Et comme nous ne savons pas quels problèmes vont se poser, nous ne pouvons pas savoir quelle en sera la solution ».

Ces déclarations ressemblent à celles de l’oracle de Delphes. Elles ont l’air mystérieuses et profondes, mais elles manquent totalement de contenu concret. On attire notre attention sur le fait que l’économien’est pas une fin en soi. Lorsque nos ancêtres paléolithiques ont d’abord conçu une hache de pierre, il semble que ce n’était pas un but en soi, mais qu’il y avait bel et bien un but quelconque. Une découverte si extraordinaire mérite sans doute une grande reconnaissance.

Poursuivant la logique de cette grande découverte, le Professeur nous informe que les activités économiques affectent les hommes. Cette vérité profonde a une application universelle, et peut être démontrée dans tous les aspects de la production humaine. Elle s’applique de manière certaine, non seulement au capitalisme, mais également à chacun des modes de production qui nous est connu – qu’il soit du passé, du présent ou à venir.

Quelqu’un pourrait faire respectueusement remarquer au Professeur Hobsbawm que le système capitaliste, bien qu’affectant les hommes, est aussi connu pour être basé sur la production du profit. Cependant, ignorant ce fait bien connu, le Professeur Rouge continue ses variations sur le thème de l’activité économique « affectant les humains », à partir desquelles il dresse une conclusion intéressante.

Capitalisme d’État ?

« Il n’est pas évident que le capitalisme puisse fonctionner sans des institutions telles que l’assurance santé. L’assurance santé est habituellement gérée par l’État. C’est la raison pour laquelle je pense que le capitalisme d’État a un grand avenir. »

Ici encore, le Professeur revient à cet état d’esprit optimiste qui caractérise toujours sa vision du capitalisme. Et si le capitalisme ordinaire ne marche pas, nous pouvons toujours avoir un capitalisme d’État à la place. En quoi ce capitalisme d’État consiste précisément, on ne nous le dit pas. Mais ce n’est pas grave, car il est assuré d’avoir un avenir magnifique.

Hobsbawm a affirmé que le capitalisme d’État remplacera le libre marché. Ceci est réellement la perspective qu’il dresse. Il n’y est pas question de socialisme. Ce qui est défendu ici c’est la gestion du capitalisme, sa régulation, pour qu’il soit « bien élevé et civilisé » — afin de tenter d’en faire un capitalisme à visage humain.

Dans le merveilleux monde Hobsbawmien, l’État veillera à ce que le capitalisme se comporte correctement. Il mettra en place les lois et les règlementations nécessaires pour éviter des désagréments inutiles (« la lutte des classes ») causés par des niveaux d’inégalité excessifs. Le soleil brillera. L’ère du bonheur universel se lèvera et l’humanité vivra heureuse pour toujours.

Or, puisque le Professeur Hobsbawm persista jusqu’à la fin de sa vie à se qualifier lui-même de marxiste, nous présumons qu’il est au courant de la théorie marxiste sur l’État. Marx, Engels et Lénine expliquaient que l’État est un organe de coercition dans le but de maintenir la domination d’une classe sur l’ensemble de la société. Il n’y a jamais eu – et il n’y aura jamais – un État existant en soi et pour soi.

L’idée que l’État peut être un arbitre naturel entre les classes — un organisme impartial qui se tiendrait au-dessus de la société – est un mythe qui est précautionneusement entretenu par la classe dominante dans le but de dissimuler sa domination. Cette idée mythique de l’État a été avalée par les réformistes sociaux-démocrates et leur a ensuite servi d’excuse pour abandonner la révolution. Ce sont des gens comme Kautsky et Bernstein qui ont fourni une couverture théorique à cette capitulation.

Eric Hobsbawm n’est même pas original dans son révisionnisme. Il ne fait que simplement régurgiter les absurdités réformistes de Bernstein. On pourrait dire qu’il y avait apparemment une justification à cette idée avant la Première Guerre Mondiale, quand le capitalisme était toujours dans une phase ascendante. L’économie était en pleine expansion, les niveaux de vie s’étaient élevés pour beaucoup de monde, et la bourgeoisie pouvait se permettre de faire des concessions et accepter des réformes progressistes. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Où que l’on soit, la bourgeoisie exige une baisse des niveaux de vie. Elle a pillé l’État pour sauver les banques privées, et elle est déterminée à faire payer la dette aux ouvriers et aux classes moyennes. L’État est en faillite au sens le plus littéral du mot. On nous répète sans cesse qu’il n’y a pas d’argent pour les écoles, pour les hôpitaux, pour le logement ou les retraites.

Loin d’apporter des réformes progressistes, les sociaux-démocrates exécutent partout les coupes budgétaires exigées par les banquiers et les capitalistes. Mais cette politique ne fait qu’aggraver la crise, en créant les conditions pour un nouvel effondrement économique. La bourgeoisie et ses économistes domestiqués n’ont aucune idée de comment se sortir de cette crise. La seule chose sur laquelle ils sont tous d’accord, c’est que l’austérité doit être mise en place pour plusieurs années, si ce n’est pour des dizaines d’années. Et de fait, c’est une parfaite recette pour l’intensification de la lutte des classes.

Dans ces conditions, imaginer que l’État, qui est contrôlé par la bourgeoisie, puisse réguler le système et résoudre la crise est pire qu’utopique. C’est tout simplement stupide. Si l’on reconnaît l’existence du capitalisme, alors on doit en accepter les lois. Ces lois sont très simples.

Si l’économie est entre les mains de propriétaires privés, le fonctionnement dépendra de l’investissement privé. Mais les capitalistes n’investissent que lorsqu’ils peuvent obtenir un taux de profit qu’ils considèrent comme acceptable. Par conséquent, le devoir de l’État est de créer des conditions favorables pour les banquiers et les capitalistes afin qu’ils réalisent le plus de profits possible.

Comment y arrivent-ils ? En réduisant ce que les capitalistes considèrent comme des charges et des obstacles inutiles pour réaliser des profits. Par conséquent, le niveau de taxation des riches ne doit pas augmenter, mais tomber à son niveau le plus bas. Cela signifie faire les ajustements nécessaires (c’est-à-dire la réduction) des éléments inutiles de dépenses de l’État tels que l’éducation, le logement social, la santé et les retraites.

C’est pourquoi chaque gouvernement ampute violemment les dépenses publiques, ce qui – d’un point de vue capitaliste – est absolument juste et nécessaire. Il est inutile de se plaindre à ce sujet. Si nous acceptons le système capitaliste, il est inutile de protester contre les conséquences qu’il engendre. L’idée que nous puissions avoir un capitalisme à visage humain correspondrait, par exemple, à demander à un tigre de manger de la salade plutôt que de la viande.

Socialisme ou Barbarie

Hobsbawm continue :
« J’ai écrit, il y a longtemps, que nous vivions avec l’idée qu’il existe deux chemins alternatifs : le capitalisme d’un côté, et le socialisme de l’autre. Mais c’est une idée bizarre que Marx n’a jamais eue. Il expliquait plutôt que ce système, le capitalisme, sera un jour dépassé. Si nous regardons la réalité : aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suisse, et au Japon, nous pouvons arriver à la conclusion qu’il ne s’agit pas d’un système unique et cohérent. Il y existe beaucoup de variantes du capitalisme. »

Or ce n’est pas le cas. Marx ne s’est pas limité à parler seulement du capitalisme ou du socialisme. Comme il est faux de dire qu’il a simplement envisagé un bond soudain « de là vers là-bas ». Il a écrit longuement et expliqué en détail dans ses œuvres telles que la Critique du Programme de Gotha, qu’entre le capitalisme et le socialisme, se trouve une période de transition : un État ouvrier, ou pour reprendre l’expression originelle, une dictature du prolétariat. Il n’a jamais utilisé l’expression de capitalisme d’État pour la bonne raison que c’est une formulation confuse et non pas scientifique.

Marx et Engels ont, cependant, traité de la tendance de l’État à empiéter sur l’économie sous le capitalisme — ce qui montre indirectement les limites de l’économie de marché capitaliste. Le fait qu’aujourd’hui, dans tous les pays, les grandes banques soient entièrement dépendantes de l’aide de l’État pour leur survie est une indication édifiante du fait que le système capitaliste a effectivement épuisé son potentiel et doit être « dépassé ». Ou, pour parler en bon français, il doit être renversé et remplacé par quelque chose de meilleur.

Mais notre Éric ne veut rien renverser du tout. Il a une bien meilleure idée. Puisque le capitalisme existe sous de multiples formes, on peut sans doute choisir le meilleur type de capitalisme. Il suffirait de laisser de côté ce qui est « mauvais » (le néo-libéralisme) et sélectionner « le meilleur » (le keynésianisme) pour avoir à la place « un capitalisme plus civilisé ». C’est comme un énorme buffet, où l’on peut choisir les morceaux les plus savoureux, et laisser les éléments les moins appétissants de côté.

C’est une image réconfortante. Malheureusement, cela n’a rien à voir avec la réalité de la situation actuelle. Partout dans le monde, la bourgeoisie exige des coupes sombres dans les dépenses publiques. Loin de développer et de perfectionner l’État-providence, elle est déterminée à l’abolir complètement. Cette vérité profonde et universelle, établissant que « l’économie affecte les humains », ne nous aide en rien à répondre à la question posée — à savoir s’il existe ou non un remède à la crise actuelle du capitalisme.

Au lieu de nous dire quel pourrait en être le remède, le Professeur s’empresse de nous dire ce qu’il n’est pas. Il rejette avec le plus grand dédain « les croyances archaïques de la gauche », à savoir que la crise est susceptible de produire des révolutions. L’homme qui a écrit durant une si longue période sur les révolutions passées (et pas si mal que ça d’ailleurs) nous assure désormais qu’il n’est pas question de révolutions dans le futur. Or, comme une révolution repose sur un changement radical (de société, de mode de production, de mode de distribution, mais aussi de rapports de propriété), ce qu’il dit signifie qu’avec le capitalisme, l’histoire s’est effectivement arrêtée.

Pourquoi le capitalisme serait-il différent de tous les autres systèmes socio-économiques qui l’ont précédé ? Nous ne le savons pas, et le Professeur ne tente rien pour nous éclairer là-dessus. La seule logique qu’il formule est la suivante : depuis que le capitalisme existe, il n’a pas encore été renversé, il devrait donc continuer à exister pour les années à venir.

Le fait que le système soit en crise, qu’il soit en train de couler et qu’il entraîne la société avec lui, tout ceci ne provoque que la suprême indifférence du Professeur, bien que des millions de gens souffrent des conséquences et survivent comme ils le peuvent. La véritable alternative pour l’espèce humaine n’est pas entre le « mauvais » capitalisme (le néo-libéralisme) et le « bon » capitalisme (le keynésianisme), mais entre le socialisme et la barbarie, comme Marx l’a expliqué.

L’heureux principe

Le Professeur continue sa leçon : 
« Regardez l’histoire. L’URSS a essayé de supprimer le secteur privé, et ce fut un échec retentissant. D’autre part, la tentative des ultralibéraux a aussi lamentablement échoué. La question n’est donc pas quelle sera la part du public et celle du privé, mais quel est l’objet de ce mélange ? Ou plutôt quel en est le but ? Et le but ne peut pas seulement être la croissance économique. Il n’est pas vrai que le bien-être est lié à l’augmentation mondiale de la production ».

Nous nous excusons auprès du lecteur pour ce charabia incohérent. Mais c’est vraiment ce que le professeur a dit. Mais alors, quel est le véritable but de l’économie ? Le journaliste aiguille gentiment le vieil homme dans la bonne direction : 
Le journaliste : « Le but de l’économie est-il le bonheur ? »
E.H : « Bien sûr. »

Ici, la profondeur de l’argument atteint son zénith (ou devrions-nous dire son nadir [1]). Le but de l’économie est – le bonheur ! Mais on connaît cela depuis longtemps déjà. C’est Jeremy Bentham, ce philosophe archibourgeois chaleureusement méprisé par Marx, qui a inventé le « principe du bonheur ».

Or, et c’est factuel, le système capitaliste est précisément conçu pour produire du bonheur, et il parvient très bien à atteindre cet objectif. Les banquiers, les propriétaires terriens et les capitalistes en général sont plutôt heureux de ce système. Ils en tirent de fabuleux profits même lorsque la vaste majorité de la population voit ses conditions de vie s’effondrer. Il est assez juste de dire que leur bonheur est inversement proportionnel à celui de la vaste majorité des hommes.

Tout cela n’est pas une surprise. Comme Marx l’a expliqué, le bonheur d’une classe est obtenu au prix de la misère de la vaste majorité. C’est ce qui conduit à la lutte des classes, sur laquelle le Professeur Hobsbawm écrivait si éloquemment auparavant, mais qui, par la suite, n’est devenu qu’un vague souvenir à la fin de sa vie, dans son grand âge.

Il est malheureusement un peu tard pour poser une question au vieil Éric, mais on aimerait la poser tout de même, pour le bénéfice de ces âmes égarées qui croient encore que le défunt était une sorte de marxiste. Notre question est simple : comment est-il possible d’arriver au « plus grand bonheur du plus grand nombre » (pour citer ce vieux Jeremy Bentham), tout en laissant la terre, les banques et les grands monopoles entre les mains de seulement 1 % de la population ?

Peu importe comment vous la tournez et retournez dans tous les sens, il est impossible de répondre à cette question, sauf par la négative. En d’autres termes, il est impossible d’arriver au « plus grand bonheur du plus grand nombre » à moins que les leviers fondamentaux du pouvoir économique ne soient retirés des mains des 1 %, pour être placés sous le contrôle et la direction de la majorité, c’est-à-dire de ceux qui produisent effectivement la richesse de la société — la classe ouvrière.

Mais là, nous sommes immédiatement confrontés à un problème. Puisque la classe dominante représentant 1 % de la population mondiale est extrêmement heureuse de sa situation, elle n’a pas du tout envie de la changer. Et elle serait extrêmement mécontente si quiconque le suggérait. En outre, depuis que ces « heureux 1 % » ont entre leurs mains la majorité des médias, on peut imaginer qu’ils les utilisent comme il se doit afin de protéger leur bonheur (leurs intérêts) contre la majorité de la population, qui elle survit tant bien que mal.

Cela nous ramène tout naturellement à notre point de départ. Hobsbawm refuse toute possibilité de révolution. Pourtant, toute l’histoire montre (et même les propres livres du professeur) qu’aucune classe dirigeante ou caste n’a jamais renoncé à son pouvoir, à ses richesses et à ses privilèges sans lutter – et cela signifie généralement un combat où tous les coups sont permis.

En quoi cela serait-il différent aujourd’hui ? Pouvons-nous vraiment croire que la classe dirigeante actuelle est différente de celle de la France de 1789 ou de la Russie de 1917 ? Sont-ils plus respectueux, plus sages, plus démocratiques, plus humains ? Il est certain que c’est ce que les réformistes comme Hobsbawm pensent. Et ils ont l’audace de traiter les marxistes d’utopistes !

Avons-nous besoin d’une croissance économique ?

Citons à nouveau Hobsbawm : « Le but n’est pas seulement la croissance économique. Il n’est pas vrai que le bien-être est lié à l’augmentation de la production totale dans le monde entier ».

Ces paroles n’ont absolument aucun sens. Elles n’ont surtout rien à voir avec le marxisme. Lorsque nous parlons d’une économie planifiée nationalisée, nous ne parlons pas de « la production totale dans le monde entier », mais seulement de l’économie nationale — du moins dans un premier temps. Car c’est de cela que dépend le bien-être avant tout.

Les économistes et les politiciens (ainsi que les réformistes) bourgeois disent toujours aux travailleurs et à la classe moyenne : « Écoutez, nous ne pouvons pas vous donner plus d’écoles, plus d’hôpitaux ni augmenter le montant de vos retraites, car c’est la crise. Nous devons d’abord rembourser le déficit. Nous devons tous faire des sacrifices ». Dans ce genre de situation, il est impossible de parler de bien-être. Au contraire, nous sommes alors confrontés durant des années, voire des décennies, à des coupes sombres, à l’austérité et à la baisse des niveaux de vie.

Quand Hobsbawm dit que le bien-être ne dépend pas de la croissance économique, il dit n’importe quoi. Car justement, c’est bel et bien le cas : le bien-être dépend précisément de la croissance économique. Si nous ne pouvons pas expliquer comment atteindre un taux élevé de croissance économique, ni comment augmenter la richesse de la société, alors nous n’avons pas d’autre alternative que d’accepter la logique des coupes et de l’austérité qui découlent inévitablement de la crise du capitalisme.

Pourquoi avons-nous besoin de nationaliser les moyens de production ? Ce n’est pas parce que nous sommes vindicatifs envers la bourgeoisie. Ce n’est pas non plus pour des raisons sentimentales ou dogmatiques. C’est parce que le seul remède contre le chômage est une économie basée sur la planification rationnelle de la production, et qui ne soit pas subordonnée aux intérêts d’un petit groupe de profiteurs.

Une fois les leviers fondamentaux de l’économie entre nos mains, nous pourrons planifier l’économie comme un ensemble harmonieux et rationnel. Nous pourrions commencer par la mobilisation des chômeurs sur un vaste plan de construction de logements, d’hôpitaux, d’écoles et d’universités. Nous pourrions mettre en mouvement tout le potentiel de production non utilisé, de sorte que la richesse de la société circulerait plus librement que jamais. Dans ces circonstances, le problème des déficits disparaîtrait immédiatement.

C’est une stratégie et un programme clairs et cohérents pour sortir de la crise. Ici, il n’y a pas un atome d’utopie. Tout cela serait facilement possible sur la base de l’appareil productif existant et de la technologie actuelle. Le problème ne vient pas d’un manque de base productive pour le développement, pour le progrès. Il existe et il a existé pendant une longue période. Mais il est en fait complètement paralysé par le carcan désuet de la propriété privée, et par l’État-nation.

Pourtant, pour notre Éric, cela n’est qu’une utopie impossible. Au contraire, il se considère lui-même comme le réaliste ultime. En quoi consiste sa recette réaliste ? Citons ses paroles : « Nous avons une obligation morale d’essayer de construire une société avec plus d’égalité. Un pays où il y a une plus grande équité est probablement un meilleur pays, mais quel est le degré d’égalité qu’une nation peut supporter ? Tout cela n’est pas du tout clair. »

Ici nous sommes dans la plus pure des utopies. Nous sommes des voyageurs temporels qui ont remonté le temps et qui ont atterri dans le monde idéal de Robert Owen, de Saint-Simon et de Fourier. Ou plutôt (nous ne voulons pas être injustes envers ces grands penseurs) nous sommes retournés deux mille ans plus tôt, et nous écoutons le Sermon sur la Montagne de Jésus.

Dans ce monde étrange évoluant dans les nuages, nous sommes motivés, non pas par des conditions objectives telles que la crise du capitalisme, mais par une « obligation morale », qui ressemble plus à Emmanuel Kant (l’impératif catégorique) qu’à Karl Marx. Notre tâche n’est pas de lutter pour le socialisme (qui est utopique), mais de « construire une société avec plus d’égalité ». Cette société serait « probablement meilleure » (mais nous n’en sommes pas tout à fait sûrs). Nous ne sommes pas précisemment certains non plus de la quantité « d’égalité que la société pourrait supporter » (comme si, selon Hobsbawn, on pouvait avoir trop d’une bonne chose…).

Tout ceci est aussi clair que de la boue. Ce qui est vraiment étonnant, c’est comment une personne sérieuse peut prendre ces propos fumeux et vides sur la « moralité » et l’« égalité » pour des arguments sérieux. Le capitalisme est inégalitaire par sa nature même. Et la morale y est inexistante.

Économie mixte ?

Suivons à présent le Professeur se déplaçant d’Italie en Grande-Bretagne. Dans une interview donnée àThe Guardian publiée sous le titre : « Le socialisme a échoué. Maintenant le capitalisme est en faillite. Quelle est la suite ? » Hobsbawm répond, et nous le citons :
« L’impuissance met donc en confrontation, à la fois ceux qui croient à ce qui équivaut à un capitalisme de marché pur, sans État, une sorte d’anarchisme bourgeois international, et ceux qui croient en un socialisme planifié non contaminé par des entreprises privées à but lucratif. Les deux sont en faillite. L’avenir, comme le présent et le passé, appartient à une économie mixte dans laquelle public et privé sont mêlés, comme tressés ensemble, d’une manière ou d’une autre. Mais comment ? C’est le problème de tout le monde aujourd’hui, mais surtout pour les gens de gauche ». (The Guardian, 10 Avril 2009)

C’est la position confortable d’un homme qui, debout (ou plutôt en position couchée) sur la touche, émet un jugement sévère sur l’espèce humaine. Il n’est ni pour le capitalisme ni pour le socialisme. Il est au-dessus de tout cela. Il répète les paroles emplies de sagesse du roi Salomon : « Vanité, vanité, tout n’est que vanité » [NDLR : au sens de « ce qui est vain »].

Vouloir juxtaposer une économie de marché sur le capitalisme, c’est être aussi ignorant que fou. Chaque économie capitaliste est « mixte », dans le sens où il y a toujours un degré de participation de l’État dans la vie économique. Certains secteurs sont peu rentables et ne présentent pas d’intérêts aux yeux des investisseurs privés, mais sont en même temps nécessaires pour le fonctionnement de l’économie dans son ensemble. Par exemple, la nationalisation du courrier en Grande-Bretagne fut réalisée par les conservateurs au XIe siècle.

La politique des bourgeois et des réformistes est : nationaliser les pertes et privatiser les profits. Les marxistes, au contraire, défendent la nationalisation des points clés de la vie économique sous le contrôle et la gestion démocratique des travailleurs. Mais nous n’allons pas nationaliser les petites entreprises ou exploitations agricoles. Ce n’est absolument pas nécessaire, puisqu’ils n’ont pas d’existence indépendante sous le capitalisme, mais dépendent au contraire des banques, des monopoles, des supermarchés, etc.

C’est uniquement en enlevant le dernier pan de propriété privée qu’il sera possible de mettre fin au cauchemar de l’anarchie capitaliste, et de commencer à planifier la production sur des bases rationnelles, pour le bénéfice de la majorité et non le profit de quelques-uns.

Le problème le plus grave pour la gauche, c’est qu’elle ne propose pas une alternative au capitalisme décadent. Et c’est dans une large mesure parce qu’elle est dominée par des ex-staliniens comme Hobsbawm, qui ont complètement abandonné le socialisme, et dont le plus grand souhait est de faire en sorte que la voie du socialisme soit bloquée à la jeune génération.

Tout le monde, voyez-vous, est « impuissant » – tout le monde, à l’exception du Professeur Hobsbawm, qui a une compréhension profonde de tout ce qu’il se passe sous le soleil, et même au-delà. En fait, les gens les plus impuissants sont en réalité ces héros de séminaires universitaires, qui se considèrent au-dessus de l’histoire, de la société, de la lutte des classes et de l’espèce humaine en général, alors qu’en fait ils se tiennent à un niveau infiniment inférieur.

Nous attendons avec une impatience grandissante sa solution aux problèmes de l’humanité en souffrance. Dites-nous, ô Professeur, quelle en est la réponse ? Mais, comme dans la pièce de Samuel Beckett, En attendant Godot, aucune réponse ne vint.

L’apologiste de l’Establishment

Le 11 mai 2006, Repubblica publia une interview d’Hobsbawm sur Giorgio Napolitano. Le journaliste, Enrico Franceschini, commença par informer le Professeur que son vieil ami avait été élu président de la République. Hobsbawm, en extase, s’exclame au téléphone « Quelle merveilleuse nouvelle ! » depuis sa maison londonienne. « Mon ami Giorgio, Président ! Je suis heureux pour lui, pour son parti et pour l’Italie. C’est un excellent choix. »

Et encore :
« Je crois que c’est le meilleur choix possible. Napolitano a une image très positive et sera un grand président. Il est bien plus qu’un ex-communiste, comme vous l’appelez : il a eu un rôle central dans les affaires politiques de son parti, mais il était aussi une figure politique de grande qualité, apprécié par tous pour son rôle en tant que Président de la Chambre et Ministre de l’Intérieur. Je dirais qu’il représente la meilleure tradition de l’Italie. »

Le professeur n’a jamais cessé de se demander pourquoi la classe dominante italienne a décidé de faire de cet « ex-communiste » le Président de la République. La réponse n’est pourtant pas difficile à trouver. De cette façon, la bourgeoisie reconnaissante remerciait Napolitano pour ses services rendus : il fut l’homme qui, avec d’autres dirigeants « communistes », avait transformé l’ancien et puissant Parti Communiste Italien en un parti bourgeois — le Parti Démocrate (PD). En d’autres termes, Giorgio Napolitano, comme Éric Hobsbawm, est devenu partie intégrante de la classe dominante.

En 1998, en remerciement de ses bons services rendus, Éric Hobsbawm était élevé au rang de Compagnon d’Honneur [NDLR Équivalent au titre de Chevalier de la Légion d’honneur] par la Reine. C’était juste après que Tony Blair soit devenu Premier Ministre, et Blair en personne doit y être pour quelque chose.

Un an avant son décès, cet ancien « communiste » acheva sa dégénérescence politique en rampant devant la monarchie :
« La monarchie constitutionnelle sans pouvoir exécutif s’est avérée un cadre fiable pour les régimes libéraux-démocrates, comme aux Pays-Bas, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Espagne. Il est susceptible de rester utile, seulement s’il supprime la politique du problème de la succession (imaginez avoir à choisir un membre des gouvernements actuels et passés en tant que président !) Il n’est pas mauvais pour un monarque de pratiquer une religion, mais il n’y a pas lieu d’identifier un pays multi-religieux ou non au monarque qui est le représentant d’une seule foi. La monarchie a cessé d’être pertinente pour la plupart des habitants du Commonwealth. C’est susceptible de devenir évident après la mort de la reine actuelle.  »

Le même Hobsbawm qui louait les Jacobins pour avoir coupé la tête de Louis XVI, nous informe ici que la monarchie constitutionnelle en général a prouvé qu’elle était « un cadre fiable pour les régimes démocratiques libéraux » et qu’elle « est susceptible de rester utile. » Ce petit bijou se trouve dans un article au titre approprié de « God save the Queen » (Prospect, le 23 mars 2011).

Peut-on imaginer un exemple plus dégoûtant de courbettes devant la classe dominante — même dans ses démonstrations les plus rétrogrades et réactionnaires ?

Apostasie

Dans une interview publiée le 1er juillet 2012 dans La Stampa, on demanda à Hobsbawm : êtes-vous encore un communiste ? Il répondit ceci :
« Le communisme n’existe plus. Ils [NDLR les communistes] sont fidèles à l’espoir d’une révolution, même si je ne pense pas que cela se reproduise. Je n’en sais pas assez pour être un communiste. Je suis un marxiste parce que je pense qu’il n’y aura pas de stabilité jusqu’à ce que le capitalisme se transforme en quelque chose de radicalement différent du capitalisme que nous connaissons aujourd’hui. »

Début 2012, dans une interview sur BBC2, Jeremy Paxman demanda au professeur si le capitalisme était compatible avec la justice sociale. Il répondit : « Il peut l’être. » À la fin de l’entrevue, il a avoué qu’il était pessimiste, qu’il pensait qu’aucune solution ne pourrait être trouvée et que, par conséquent, nous ferions face à « une période orageuse pour les 20-30 prochaines années. »

On pourrait être frappé et quelque peu surpris qu’un homme passant la première moitié de sa vie à écrire des livres sur la lutte des classes aux XVIIIe et XIXe siècles puisse la terminer en expliquant que celle-ci est obsolète. C’est encore plus surprenant qu’il puisse arriver à une telle conclusion précisément au moment où la lutte des classes connaît une montée en puissance à travers le monde entier.

Où que nous regardions, nous assistons aux débuts de la résistance : grèves générales, manifestations de masse, occupations, mouvement des indignés, etc. Mais le noble Professeur n’y voit rien d’autre que de petites « manifestations de colère ». Son attitude vis-à-vis de la révolution est révélée de manière frappante par le mépris dont il fait preuve à l’égard de mai 68 en France. L’auteur de sa nécrologie dans le quotidien The Economist note avec une satisfaction mal dissimulée : « La plus célèbre manifestation moderne de la colère gauchiste, à Paris en 1968, était pour lui une aventure d’enfants gâtés de la classe moyenne du style Club-Med. » [Sic]

Dans cette seule phrase emplie de rancune, on peut voir non seulement l’abandon complet de toute perspective socialiste, mais également un mépris absolu pour le potentiel révolutionnaire des ouvriers et de la jeunesse. Cette méfiance organique envers les masses a toujours été une caractéristique du stalinisme, même du temps où il parlait encore de socialisme ou de communisme.

Karl Marx a écrit que le poète allemand Goethe, malgré sa contribution exceptionnelle, avait pourtant gardé une part du philistin, comme une queue traînant derrière lui. Malgré toutes ses protestations, Hobsbawm avait la queue du stalinisme qui pendait derrière lui jusqu’à la fin de ses jours. Le manque de confiance dans la classe ouvrière et ce mépris hautain pour les masses ont toujours fait partie de la psychologie de la bureaucratie. Mais maintenant, avec l’apostasie qui suivit l’effondrement de l’URSS, cela s’est transformé en une pourriture nauséabonde.

J’ai passé mon enfance au Pays de Galles, où j’ai grandi sur les rives de l’Atlantique. Il y avait de belles plages avec de longues étendues de sable doré. Quand on marchait le long de ces plages à marée basse, on pouvait voir toutes sortes de faunes grouillantes, des poissons morts ou mourants. Mais la marée montait toujours à nouveau. Les vagues balayaient tout le vieux fatras, et les eaux nettoyaient et apportaient avec elles l’oxygène et une vie nouvelle.

Il y a une analogie entre les marées et la lutte de classe. Cette dernière fonctionne de la même manière, avec des flux et des reflux, pour la simple et bonne raison que la classe ouvrière ne peut pas être constamment en lutte. Quand la lutte des classes reflue, elle laisse derrière elle des traces de démoralisation. L’esprit des hommes et des femmes est alors confus, et il est alors saisi par une humeur teintée de pessimisme, de scepticisme et de cynisme corrosif.

Les vieillards fatigués (hommes et femmes) qui ont abandonné toute prétention de défendre le socialisme sont devenus des cyniques professionnels, dont le seul but dans la vie est d’infecter la jeune génération par leur scepticisme. On peut les trouver dans les cafés de toutes les capitales d’Europe, pleurant dans leur tisane et se plaignant de l’apathie présumée de la jeunesse, tout en se remémorant les souvenirs de l’époque où ils étaient eux-mêmes jeunes et où ils croyaient encore en quelque chose.

Il s’agit de la catégorie de ce que j’appelle les poissons morts, et un poisson mort commence à pourrir de la tête. Éric Hobsbawm appartenait à cette catégorie. Pire encore, il a essayé de théoriser son apostasie avec toutes sortes de prétentieux arguments pseudomarxistes. Il se cacha derrière sa réputation de savant « marxiste » pour semer la confusion et le désespoir dans les esprits des plus jeunes. Quel que soit le mérite hérité de son passé d’écrivain, il a tout détruit par la suite.

Ce sont des gens comme Hobsbawm qui ont toujours et constamment défendu le stalinisme, et ce pendant des décennies. Puis, quand ils ont finalement abandonné le bateau, ils ont immédiatement sauté dans le train capitaliste et réformiste, en fournissant des raisons savantes pour expliquer pourquoi le socialisme ne peut pas fonctionner, et pourquoi il a été impossible de renverser le capitalisme. Tout en recommandant aux gens d’accepter l’inévitable et d’essayer simplement de réformer le système pour le rendre un peu plus tolérable.

Hobsbawm a finalement conclu que la révolution russe était elle-même une terrible erreur. The Economist s’est fait une joie de publier le 5 octobre 2012, dans sa nécrologie, un de ses derniers écrits qui dit : « Le communisme s’est effondré “si intégralement” qu’il est désormais évident que l’échec était en son sein depuis le départ ».

Dans sa nécrologie, le journal italien Il Manifesto, y rapporte un discours prononcé par Hobsbawm, après la chute du mur de Berlin, et dans lequel il dit : « Peut-être qu’en 1917, il aurait été préférable de ne pas prendre le pouvoir ». Ce qui résume très clairement les choses. Et tous les politiciens bourgeois, les réformistes corrompus et les contre-révolutionnaires universitaires du monde entier, de crier à l’unisson : Amen !

Ceci est faux du début à la fin. Ce qui a échoué en URSS n’était pas le socialisme dans le sens qu’entendaient Marx ou Lénine. Ce qui a échoué était une caricature bureaucratique et totalitaire du socialisme. Mais quelle est l’alternative que propose Hobsbawm ? La voici :
« Y a-t-il encore une chance pour le plus grand de tous les espoirs, celui de créer un monde dans lequel les hommes et les femmes libres, émancipés de la peur et du besoin matériel, puissent vivre une belle vie ensemble dans une société harmonieuse ? Pourquoi pas ? Le XIXe siècle nous a enseigné que le désir de la société parfaite n’est pas satisfait par une certaine conception prédéterminée de la vie, comme c’est le cas pour les Mormons, les Owenite ou autre ; et nous pouvons supposer que même si une nouvelle conception de cette sorte devait être la forme de l’avenir, nous aimerions ne pas le savoir, ou ne pas être en mesure aujourd’hui de déterminer ce que cela serait. La fonction de recherche de la société idéale n’est pas d’amener l’histoire à un arrêt, mais d’ouvrir ses possibilités inconnues et inconnaissables à tous les hommes et les femmes. En ce sens, le chemin de l’utopie, heureusement pour l’espèce humaine, n’est pas bloqué ». (The Guardian, 10 avril 2009)

C’est le genre de charabia vide qui passe aujourd’hui pour de la profondeur dans les milieux universitaires, et parmi les gens de gauche qui ne savent plus réfléchir. À la lecture de ces lignes, nous pensons à une très bonne épitaphe résumant la pensée et l’apport d’Hobsbawm : « Parti de rien, passant à travers rien, et menant à rien. »

Il suffit de comparer ce non-sens à la clarté cristalline des écrits de Marx, Engels, Lénine et Trotsky pour voir à quel niveau catastrophique « les intellectuels » post-modernes ont sombré. On se souvient des paroles de Hegel dans La Phénoménologie de l’Esprit : « À la facilité avec laquelle l’esprit se satisfait peut se mesurer l’étendue de sa perte ».

Nombreux sont ceux qui ont depuis longtemps abandonné la lutte pour le socialisme. Mais il y a en beaucoup plus qui en viennent à la conclusion que le capitalisme doit être renversé. Pour ceux qui sont trop fatigués, démoralisés ou trop lâches pour le faire, nous ne leur demandons qu’une seule chose : écartez-vous de notre chemin et laissez-nous continuer le combat !

Alan Woods

 

[1] Le nadir (de l’arabe nadir : opposé) en astronomie est le point de la sphère céleste représentatif de la direction verticale descendante, en un lieu donné (par opposition à zénith). Par extension, peut signifier « le point le plus bas ». C’est la position du soleil à minuit.

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