Candidature de Mélenchon : Gilles Poux et Marie-George Buffet en roue libre !

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Dans une interview publiée dans L’Humanité du 13 novembre, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a évoqué l’éventualité d’une candidature communiste pour l’élection présidentielle de 2022, sous réserve du prochain congrès. Deux jours plus tard, dans Le Parisien, Gilles Poux, maire PCF de La Courneuve, a officiellement déclaré son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, tout comme Marie-George Buffet.

Que des points de vue différents existent dans le parti concernant sa stratégie électorale n’est un secret pour personne. Il faut que tous les points de vue soient entendus. Cependant, la démarche de Gilles Poux et de Marie-George Buffet devance la discussion interne nécessaire. Alors que cette question n’a pas encore été débattue dans les sections, les militants apprennent que certaines personnalités dirigeantes du PCF s’engagent publiquement auprès du candidat d’un autre parti !

Marie-George Buffet a évoqué l’urgence d’un rassemblement autour du candidat de la France Insoumise. Mais quelle est cette urgence, à dix-huit mois de l’échéance électorale ? Les débats internes seront déjà assez difficiles à mener en pleine crise sanitaire, et ce genre de manœuvre ne peut que les compliquer davantage. Visiblement, chez Gilles Poux et Marie-George Buffet, l’« urgence » s’explique avant tout par une volonté de compromettre l’option d’une candidature du PCF et confisquer la parole aux militants.

À en juger par des réactions sur les réseaux sociaux, de nombreux communistes n’apprécient pas cette sortie de route. Sur la page Facebook de Marie-George Buffet, on trouve des noms d’oiseau et des accusations de traîtrise à son encontre. Ainsi l’un des commentaires le plus likés vient de Diego Diaz, maire adjoint d’Évry, qui qualifie la démarche de « pitoyable et lamentable, mais si peu surprenant[e]! Aucun respect pour les communistes et ses militants ! Aucun respect pour ses dirigeants. » Même parmi les partisans d’une « union des gauches », la démarche n’est pas très appréciée. L’un d’eux écrit, par exemple : « Décevant. C’est une candidature commune, construite par les partis de la Gauche écolo, à égalité, qu’il faut construire. On a un an pour ça ! »

Des invectives ou des accusations de traîtrise ne nous avancent en rien, pas plus que les appels à l’exclusion. On ne doit pas chercher à régler des problèmes politiques par des insultes ou des mesures organisationnelles. Les statuts du parti disent clairement que chaque adhérent peut librement défendre ses positions en public même si elles sont contraires à la position officielle du parti. Cependant, il ne s’agit pas ici de simples adhérents, mais d’élus et de représentants largement médiatisés du parti. L’un est maire d’une grande ville emblématique et l’autre est une députée et une ancienne secrétaire nationale. On serait en droit de s’attendre à une attitude plus respectueuse des procédures internes de leur part. Leur action porte un coup à l’ensemble du parti, quel que soit le point de vue des uns et des autres sur la stratégie électorale. Devraient-ils conserver leurs places dans les instances dirigeantes du parti ? C’est en effet une question qui se pose et, pour notre part, nous pensons que non.

Plus généralement, cet épisode soulève, une fois de plus, le rôle des élus dans le parti. Il arrive trop souvent que ceux-ci se comportent en roue libre, alors qu’ils devraient être les porte-parole du parti. Il est nécessaire de réaffirmer quelques principes de base dans le parti. Aux élus de défendre les orientations programmatiques et stratégiques décidées par ses militants.

Nous ne sommes pas favorables à des exclusions. Chercher à régler des problèmes de cette façon est une pente glissante qu’il convient d’éviter. En revanche, il est vrai que Marie Georges Buffet, Gilles Poux et leurs soutiens se mettent dans une position délicate – pour ne pas dire intenable – dans le cas où l’option d’une candidature communiste emporterait la majorité à l’issue d’une consultation interne. Aucun parti sérieux ne peut tolérer que dans une lutte électorale, une partie de sa direction soutienne la candidature d’un autre parti.

Fabien Lecomte, PCF 86

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5 thoughts on “Candidature de Mélenchon : Gilles Poux et Marie-George Buffet en roue libre !

  1. Il n’y a aucun espoir avec la candidature Mélenchon car celui ci veut rester dans l’euro et dans cette Europe capitaliste donc même arrivé au pouvoir il ne pourra rien faire pour changer la politique de la France. C’est ça le programme Mélenchon, il faut donc absolument mettre un autre candidat à la place et pourquoi pas la candidature du PRCF qui lui à un vrai programme de changement?? , moi personnellement je suis prêt à voter PRCF au premier tour.

    1. Cher camarade James,

      Il faudrait peut-être se poser la question de comment “sortir de l’euro”, sur la base du capitalisme, apporterait une solution à la crise sociale et économique. Personnellement, je n’y vois aucun avantage. Une transformation révolutionnaire de la société française signifierait, de fait, une rupture avec l’Union Européenne. Mais l’inverse n’est pas vraie. Sortir de l’UE sur la base du système actuel (sur des bases nationalistes, par exemple) ne résoudrait rien, à mon avis.

      Fraternellement,

      Greg Oxley

      1. Bonjour,

        Toujours la même rhétorique de la part de La Riposte à ce que je vois.

        Le PRCF défend bien entendu AUSSI la sortie du capitalisme et propose un programme pour cela, qui contient la socialisation du CAC 40 notamment.

        Le PRCF ne propose donc pas la sortie de l’euro dans le cadre du capitalisme mais dans le cadre d’une société socialiste qui briserait les règles établies par les capitalistes en matière de monnaie. Une société qui reprendrait le contrôle d’un bien public, sa monnaie, et sa politique monétaire, actuellement privatisée par la BCE.

        La sortie de l’euro va dans le sens de la souveraineté du peuple travailleur français.

        Fraternellement,
        Gautier Weinmann

  2. Bonjour,

    Article qui révèle très bien que le PCF est devenu une pétaudière abjecte.

    Problème : cet auteur et le groupuscule l’hébergeant font croire que ces 2 élus ont à démissionner d’instances dirigeantes du PCF !

    MGB n’est même plus membre du CN ! Et tous les communistes l’avaient ovationnée à son départ au congrès !

    Ces élus soutiennent la dynamique Mélenchon #NousSommesPour en leur âme et conscience, à titre individuel et comme les statuts du PCF le permettent.

    Le programme l’Avenir en Commun est du reste très proche de celui du PCF.

    Fraternellement,
    Gautier Weinmann

    1. Bonjour,

      Je trouve les critiques, concernant le PCF, de Gautier Weinmann assez malvenues, lui qui avait des mots assez durs concernant nos idées…. quand il était au PCF.
      Le PRCF, qu’il a rejoint à présent, défend l’idée de “nationalisation des secteurs clés de l’économie” dans certains articles. Nous nous rejoignons sur ce point, à la différence près que c’est le point central de notre programme alors qu’il ne vient que lors d’une marche vers le socialisme après une sortie de l’UE par la porte de gauche (comprenne qui pourra…) pour le PRCF.

      Prétendre, dans leur présentation, être une organisation qui “mobilise la théorie scientifique forgée par Marx, Engels et Lénine” et “défendre l’héritage de la Commune de Paris”, quand dans la même présentation il est dit :”Le PRCF unit le drapeau rouge frappé de l’emblème ouvrier et paysan au drapeau tricolore de la Révolution française”, on ne peut que s’étonner en lisant ce qu’écrit Engels à l’adresse des ouvriers français en l’honneur du 21ème anniversaire de la Commune de Paris :
      “Citoyennes et citoyens

      Il y a vingt et un ans aujourd’hui, le peuple de Paris brandit le drapeau rouge et déclara la guerre à la fois au drapeau tricolore français flottant à Versailles et au drapeau tricolore allemand, hissé sur les forts occupés par les Prussiens.

      Avec ce drapeau rouge, le prolétariat de Paris se dressait à une hauteur surplombant de loin les vainqueurs aussi bien que les vaincus.

      Ce qui fait la grandeur historique de la Commune, c’est son caractère éminemment international, c’est le défi qu’elle lança hardiment à tout sentiment de chauvinisme bourgeois. Le prolétariat de tous les pays ne s’y est pas trompé. Que les bourgeois célèbrent leur 14 juillet ou 21 Septembre, la fête du prolétariat sera toujours le 18 Mars.”

      Enfin, ni l’euro, ni l’UE n’empêcheraient la nationalisation des grands leviers de l’économie. C’est tromper les consciences que de présenter la sortie de l’euro et de l’UE comme une première étape nécessaire. Et ce n’est pas défendre l’UE et l’euro que de dire ça ! (on connaît les accusations sans fondement…)
      Fraternellement
      Eric Jouen

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