“Qui a tué mon père”, d’Édouard Louis

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« Chez ceux qui ont tout, je n’ai jamais vu de famille aller voir la mer pour fêter une décision politique, parce que pour eux la politique ne change presque rien. (…) Un gouvernement ne leur cause jamais des problèmes de digestion, un gouvernement ne leur broie jamais le dos, un gouvernement ne les pousse jamais vers la mer. La politique ne change pas leur vie, ou si peu. (…) Pour les dominants le plus souvent, la politique est une question esthétique (…) Pour nous, c’était vivre ou mourir ».

Partant de son expérience personnelle, Édouard Louis donne de la profondeur à une vie comme il en existe beaucoup, avec son lot de malheurs, de préjugés, de fierté et de petits plaisirs.

    Ce court extrait pourrait résumer l’excellent livre d’Edouard Louis, qui a tué mon père, aux éditions « Seuil ». L’auteur réalise une biographie de son père, vue de sa personne,  extrêmement touchante, dure et sensible à la fois. Si dans les premières pages on se dit rapidement que son père était une ordure, l’auteur nous invite à aller plus loin et à appréhender les forces extérieures qui ont agit sur lui, comme sur des millions d’autres, pour le façonner. . Avec leurs particularités et leurs sensibilités propres, ce sont de tels hommes qui sont fabriqués par l’usine, la misère, l’alcool et tout le cortège de sueurs et de larmes engendrés par le capitalisme. L’écriture est simple, limpide. Pas de chichi littéraire servant à se donner des airs ou gagner le prix Goncourt. Et pourtant, ce prix, il le mériterait. Partant de son expérience personnelle, Édouard Louis donne de la profondeur à une vie comme il en existe beaucoup, avec son lot de malheurs, de préjugés, de fierté et de petits plaisirs.

Sans raconter l’ensemble du livre, l’auteur produit une excellente introduction à une critique plus profonde du capitalisme.

    Sans raconter l’ensemble du livre, l’auteur produit une excellente introduction à une critique plus profonde du capitalisme. Ce que l’on pourrait regretter c’est qu’il s’arrête au moment même où nous, communistes, nous serions le plus alléchés. Celle qui a tué son père, c’est l’usine avant tout. Ceux qui ont tué son père, ce sont les Chirac, les Macron en passant par les Hollande et Sarkozy, avec leurs politiques d’austérité. Ceux qui ont tué des millions d’ouvriers comme son père mais aussi volé les vies des travailleurs et leurs enfants, c’est avant tout le système capitaliste basé sur l’exploitation sans pitié de notre force de travail. Si une critique négative devait exister, elle serait là. Le problème n’est pas que politique, il est aussi sociétal, économique, environnemental, international, bref il est systémique. Il mériterait d’être développé. Il n’empêche : ce livre est de ces livres qui, une fois lu, donne envie de le , partager et d’en discuter. Camarades, si vous ne deviez lire qu’un livre cet été, ce serait celui-ci (et le manifeste du parti communiste si ce n’est pas déjà fait, bien entendu).

Fabien Lecomte

PCF 28

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