Stains : la fresque en hommage à Georges Floyd et Adama Traoré vandalisée !

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Dans la nuit du vendredi à samedi dernier, la fresque peinte à Stains en hommage à Georges Floyd et Adama Traoré a été souillée par des tags diffamatoires et hors de propos.  Pour avoir inauguré cette fresque, le maire PCF Azzédine Taïbi a quant à lui subi des pressions et des menaces physiques, y compris sur son téléphone personnel. Auparavant, alors qu’il était déjà sous la pression du syndicat Alliance, il avait été mis en demeure par le préfet de Seine Saint-Denis de faire retirer le mot « policières » de la phrase d’hommage « Contre le racisme et les violences policières ». Le ministre de l’Intérieur lui-même avait attisé les flammes en faisant mine de dénoncer un amalgame entre le racisme et les violences policières. Cette mise en demeure préfectorale était en l’état examinée par le conseil juridique du maire pour en vérifier sinon la légitimité, du moins la légalité.

Dans ce statu quo, des forces réactionnaires dont le lien avec le syndicat policier restent à définir ont préféré passer à l’offensive et marquer leur territoire de la plus vile et lâche des manières.

Mais c’est prendre les banlieues populaires pour ce qu’elles ne sont pas. Ni victimes ni impulsifs, les collectifs citoyens des quartiers populaires savent s’organiser pour faire face à ce genre de provocations. En ce sens, la réaction du maire a été exemplaire, lui qui a décidé de porter plainte contre X pour la dégradation de la fresque. En outre, il a demandé au collectif auteur de la fresque d’envisager le moyen de réparer les dégradations subies.

Contrairement à une idée trop longtemps répandue, les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques. Fruits de décennies de luttes et d’apprentissages, les collectifs antiracistes ont su s’implanter dans les banlieues et quartiers populaires, tout en élargissant leurs bases de soutien sur le plan national. Les manifestations post-confinement en furent un exemple éclatant, elles qui ont réuni personnes blanches et non blanches autour d’un seul et même slogan : justice et vérité pour Adama et fin aux violences policières.

C’est peut-être cette belle unité de la classe ouvrière en voie de reconstruction qui met à mal la morgue de la classe dirigeante et de ses représentant.e.s politiques. Ces dernièr.e.s, qui ont intérêt à « diviser pour mieux régner », voient peu à peu se dresser en face une unité d’action et de revendication qu’ils n’ont pas vue depuis longtemps. La méfiance populaire déjà latente vis à vis de l’establishment capitaliste a été fortement aggravée par le traitement policier et journalistique des gilets jaunes. Habitué.e.s à voir les violences policières et la condescendance des médias uniquement lors des émeutes de banlieues populaires, les militant.e.s à la chasuble fluorescente ont subi la violence de mise depuis des décennies dans les banlieues populaires.

La communauté d’intérêt devient manifeste entre les travailleur.se.s de toutes origines. Certes, le racisme ordinaire existe malheureusement encore chez de nombreux.ses travailleur.se.s blanc.he.s ou perçu.e.s comme tel.le.s, et les réflexes d’autodéfense sont encore trop vifs chez des militant.e.s de banlieue populaire depuis trop longtemps habitué.e.s à la relégation dans le débat public. La notion de “privilège blanc” mériterait d’être dépassée. Dans le fond, les personnes blanches de la classe ouvrière n’ont que le privilège de se faire exploiter dans de moins mauvaises conditions. Et quand bien même : une personne qui a le “privilège” d’être blanche ne signifie pas pour autant qu’elle occupe une position de pouvoir. Les personnes qui détiennent le pouvoir économique et occupent les positions de pouvoir institutionnelles : c’est contre elles que nous devons unir nos forces. Gageons que ce genre d’épreuve telle que connaît la ville de Stains renforcera davantage l’unité de classe qui effraie tant le camp d’en face.

Rafik B, PCF Saint-Denis

One thought on “Stains : la fresque en hommage à Georges Floyd et Adama Traoré vandalisée !

  1. Il est triste de lire que la mairie PCF se fend d’un soutien à Adama Traoré notoire repris de justice accusé entre autre du viol d’un ex codétenu. Oú est la fresque pour les eborgnés gilets jaunes ? En effet, la mort suite à son arrestation de ce triste sir, l’absoud de ses crimes ? Il est une victime de la violence policière, que dis-je du racisme systemique du privilège du prolétariat blanc qui maintient les racisés dans leur triste sort (non?). La violence des racailles n’étant que la résultante d’un système inique qui les obligent à dealer pour survivre., évidemment… Les autres prolos n’étant pas eux aussi exploités, ils sont des privilégiés car ils acceptent un boulot sous-payés sans agresser leurs voisins… des privilégiés à n’en pas douter. Le verbiage indigeniste n’est pas celui du Marxisme. Le lumpen n’est pas le prolétariat. Le Racialisme n’est pas un internationalisme. Ce n’est pas en se raccrochant à une planche pourrie que l’on maintient la tête hors de l’eau.

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