Interview de Fabrice Durand, secrétaire de l’UL CGT d’Alès

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Les militants de La Riposte à Alès, dans le Gard, ont interviewé Fabrice Durand, secrétaire de l’Union Locale CGT d’Alès.


La Riposte : Quel est le bilan de la situation de l’emploi dans le bassin alésien ?

Fabrice Durand : Elle est mauvaise. Nous approchons les 15 % de privés d’emplois sur le bassin. Dernièrement, nous avons eu la fermeture de l’entreprise de métallurgie Richard Ducros. Six mois plus tard, sur les 230 emplois supprimés, seule une vingtaine de salariés ont retrouvé un travail. Les autres sont toujours en formation ou dans la précarité. Il y a également Tamaris Industrie où, là-aussi, la situation est plus que fragile. Plus d’une centaine d’emplois y sont menacés. D’autres entreprises naviguent à vue. Les travailleurs ne peuvent pas faire de projets parce qu’ils ne savent pas de quoi le lendemain sera fait. Et malheureusement, c’est la même situation dans tout le pays.

LR : Comment juges-tu l’état d’esprit des travailleurs en ce moment ?

Fabrice Durand : Ils sont assez fatalistes, n’ont pas trop la « gnaque ». Mais il faut poser la question : est-ce la faute des travailleurs ou celle des organisations syndicales ? Aujourd’hui, tous nos droits sociaux sont attaqués. Or, quelle perspective on donne aux travailleurs ? Aucune, et ce alors que les différentes luttes de grande ampleur, ces dernières années, n’ont pas été payantes. On l’a vu l’an dernier avec la mobilisation contre la casse des retraites, où on a mis jusqu’à plus de 3 millions de personnes dans la rue : cela n’a pas fait reculer le gouvernement.

LR : Est-ce que la perspective des élections de 2012 peut expliquer, en partie, la relative passivité des travailleurs ?

Fabrice Durand : Oui, pas mal de gens disent attendre 2012 pour se débarrasser de Sarkozy. Sauf qu’en 2012 il ne faut pas s’attendre à des miracles, quel que soit le vainqueur.

LR : L’OCDE prévoit que l’économie française va entrer en récession pour au moins six mois, avec des conséquences très graves sur l’emploi. Comment la CGT devrait réagir à cette perspective ? Quel plan de bataille ?

Fabrice Durand : Il n’y a pas que la CGT. Il faut une mobilisation des partis politiques de gauche et des différentes organisations syndicales. Tous doivent travailler en convergence pour mettre un terme à la casse sociale. Ceci dit, il faut être lucide : seul un mouvement social « dur », qui tient sur la durée, permettra de changer les choses. Faire des journées d’action à répétition, on a vu ce que ça donnait l’an dernier. Ça ne suffit pas.

LR : Quel bilan fais-tu du mandat de Sarkozy ?

Fabrice Durand : C’est un bilan catastrophique. C’est sur ce quinquennat qu’on a le plus subi d’attaques et de reculs sociaux, à tous les niveaux. Si Sarkozy repasse en 2012, on sait ce qui nous attend. Il s’en prendra à tous les acquis du Conseil National de la Résistance.

LR : Selon toi, la CGT doit-elle s’impliquer dans la campagne électorale ? Et si oui comment ?

Fabrice Durand : La CGT va s’impliquer. Elle s’exprimera, au niveau confédéral, sur les orientations des différents candidats. Personnellement, j’espère que cette expression confédérale ira vers un soutien au candidat Jean-Luc Mélenchon.

LR : Pourquoi Mélenchon ?

Fabrice Durand : D’abord parce qu’il est le seul qui tend à une rupture avec le capitalisme. Ensuite parce qu’il a clairement dit qu’il ne participerait pas à un gouvernement dirigé par le Parti Socialiste. Sur ce point, je suis complètement d’accord avec lui.

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