La Riposte publie « La maladie infantile du communisme : le gauchisme » (Lénine)

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Après avoir publié L’Etat et la révolution, de Lénine, La Riposte est heureuse d’annoncer la publication d’un deuxième ouvrage très important du dirigeant de la révolution de 1917 : La maladie infantile du communisme : le « gauchisme », écrit en 1920.

D’une richesse exceptionnelle, ce livre mérite d’être sérieusement étudié par tous les militants de gauche. Aujourd’hui, au PCF et au MJCF, l’étude de la théorie marxiste a été négligée au point que la vaste majorité des communistes n’ont qu’une idée très vague des bases théoriques qui étaient à l’origine de leur parti. Ceci expose le parti à l’infiltration de toutes sortes de préjugés bourgeois concernant le marxisme, la révolution russe, les bolcheviks et Lénine lui-même. C’est pour contribuer au réarmement politique du PCF et du MJCF que La Riposte a décidé de rééditer les principales œuvres des grands théoriciens marxistes.

Dans La maladie infantile, Lénine explique, avec la clarté qui caractérise l’ensemble de son œuvre, la stratégie que doivent adopter les marxistes, dans leur approche générale envers le mouvement ouvrier, s’ils veulent éviter les écueils de l’opportunisme, d’une part, et du sectarisme « gauchiste » de l’autre. Par « gauchisme », Lénine entend une démarche – bien connue, hélas, en France – qui consiste à réduire le marxisme à une série de formulations abstraites, données une fois pour toutes et applicables en toutes circonstances. De nos jours, des « révolutionnaires » de ce type grouillent autour des syndicats et des partis traditionnels de la gauche. A cheval sur leurs « principes », ils se refusent au moindre contact avec les organisations réformistes – par peur, sans doute, d’être contaminés. Ils ne comprennent pas pourquoi les « masses » ne veulent pas reconnaître en eux leurs chefs naturels.

Mais le livre de Lénine ne concernait pas des sectes de ce genre, dont la politique n’a aucun impact, de toute façon, sur le cours des événements. Il concernait la politique des sections et partis sympathisants de l’Internationale Communiste, créée en 1919, et visait à corriger les erreurs de type « gauchiste » que commettaient certaines de ces organisations importantes, par inexpérience ou par manque de connaissances théoriques.

Aujourd’hui, La Riposte est souvent vilipendée par des groupes gauchistes pour sa participation aux activités militantes du PCF, ou encore pour ses appels à voter pour le PS lorsque celui-ci se trouve seul face à la droite, dans une élection. Mais le comportement de La Riposte s’inspire directement des idées exposées dans La maladie infantile, où Lénine explique avec insistance que des révolutionnaires ne doivent pas agir dans le vide, coupés du reste du mouvement, mais s’efforcer de lier les idées et le programme révolutionnaires aux organisations représentatives des travailleurs. Il dit, par exemple, que l’une des qualités les plus importantes d’une organisation révolutionnaire est « son aptitude à se lier, à se rapprocher et, si vous voulez, à se fondre jusqu’à un certain point avec la masse la plus large des travailleurs ».

Prenant l’exemple de la Grande-Bretagne, entre autres, il critique les communistes qui, au nom de leurs convictions révolutionnaires, refusaient de soutenir le Parti Travailliste, qui était dirigé par des éléments réactionnaires : « Que les Henderson, les Clynes, les MacDonald, les Snowden soient irrémédiablement réactionnaires, cela est exact. Il n’est pas moins exact qu’ils veulent prendre le pouvoir (préférant d’ailleurs la coalition avec la bourgeoisie) ; qu’ils veulent administrer selon les vieilles règles bourgeoises […]. Tout cela est exact. Mais il ne suit point de là que les soutenir, c’est trahir la révolution ; il s’ensuit que les révolutionnaires de la classe ouvrière doivent, dans l’intérêt de la révolution, accorder à ces messieurs un certain soutien parlementaire. […] Agir autrement, c’est entraver l’œuvre de la révolution, car si un changement n’intervient pas dans la manière de voir de la majorité de la classe ouvrière, la révolution est impossible. Or ce changement, c’est l’expérience politique des masses qui l’amène, et jamais la seule propagande. »

En plus de cet aspect très important du marxisme, La maladie infantile traite de l’attitude des marxistes envers les organisations syndicales, envers la démocratie bourgeoise, envers la question des « compromis » que le cours réel de la lutte des classes impose aux communistes. Il insiste sur la nécessité de tenir compte du niveau de conscience des travailleurs à qui nous nous adressons, si nous voulons les convaincre de la justesse de nos idées. Il évoque la lutte pour la construction du mouvement révolutionnaire sous le régime tsariste, en soulignant la grande souplesse tactique des marxistes russes. Il explique la différence entre le communisme et le réformisme, ou encore l’anarchisme. Au final, ce livre est un véritable trésor d’idées pour tous ceux qui veulent approfondir leur connaissance du marxisme et de l’expérience historique du mouvement ouvrier.

Greg Oxley (PCF Paris)

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