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Très intéressant de voir ce débat avec Florian Gulli à la Fête de l’Humanité. La question d’un antiracisme réellement socialiste et marxiste mérite effectivement d’être posée, car combattre le racisme ne peut pas conduire à dissoudre la question de classe dans une addition de catégories identitaires.
Mais je pense qu’il faut pousser le raisonnement jusqu’au bout. Le matérialisme historique ne consiste pas simplement à opposer « classe » et « identité » : il consiste à comprendre comment les rapports de production et les rapports de classe structurent concrètement les différentes formes de domination et comment celles-ci peuvent être combattues par l’organisation collective des travailleurs. C’est là que se situe, à mes yeux, un enjeu majeur pour le PCF aujourd’hui. Nous ne gagnerons pas durablement contre le racisme, le RN ou toutes les formes de réaction en abandonnant la classe au profit de combats essentiellement symboliques. Mais nous ne les vaincrons pas davantage en demandant aux travailleurs de patienter jusqu’à la révolution hypothétique et surtout mondiale pour que leurs discriminations soient combattues.
Comme l’a toujours fait la SFIC de Maurice Thorez et des Frachon et Duclos, il faut donc articuler les deux : combattre toutes les discriminations tout en reconstruisant une conscience de classe, une organisation collective et un pouvoir populaire capables de transformer les rapports sociaux. Ne pas opposer la lutte contre le racisme à la lutte des classes, mais faire de la première une dimension de la seconde.
C’est précisément là que le débat sur le « communisme de conquête » me paraît intéressant : passer du constat à la construction, de la colère à la conscience, de la conscience à l’organisation et de l’organisation au pouvoir.
La discussion avec Florian Gulli est donc bienvenue. Mais la question décisive reste pour nous : comment faire de cet antiracisme de classe une force politique concrète, organisée dans les entreprises, les quartiers et les territoires, capable de reconstruire l’unité du monde du travail et d’ouvrir une perspective réellement socialiste par la candidature du PCF?