L’émancipation des femmes, en finir avec le capitalisme !

7 mars 2026

Selon l’ONU Femme, « au rythme actuel, il faudra près de 300 ans pour atteindre l’égalité de genre. Les actions entreprises aujourd’hui sont encore insuffisantes face à l’urgence, l’ampleur et la gravité de la situation ». Dans les pays occidentaux, malgré les droits conquis grâce aux mobilisations au cours du 20ème siècle, on observe avec la montée du nationalisme et de ses mouvances connexes (masculinisme…), une remise en cause voire un recul des droits des femmes dans les pays où ces idées réactionnaires arrivent au pouvoir, dans un contexte de régression sociale et d’exploitation du ressentiment des populations qui l’accompagne.

Nous revendiquons :

L’égalité salariale entre les hommes et les femmes

L’égalité des droits entre les hommes et les femmes

Le renforcement de tous les services publics

L’allongement de la durée du congé maternité et paternité

Une vraie rémunération du congé parental

Une meilleure intégration et prise en charge des enfants dans la société

Un soutien accentué auprès des familles monoparentales

Une véritable reconnaissance du statut d’aidant familial

Un véritable plan de prévention et de lutte contre les violences

Ces revendications immédiates s’inscrivent dans le cadre plus global d’un programme pour un changement de société plus juste, équitable et durable.

La racine de toutes les formes d’oppression consiste en la division de la société en classes. Il ne s’agit pas selon nous d’un phénomène biologique mais avant tout social.

Tant que la société de classe, aujourd’hui la société capitaliste, inégalitaire par nature, perdurera, les conditions sociales permettant l’établissement de rapports véritablement humains entre l’homme et la femme, dans leur façon de penser et d’agir, ne pourront pleinement se développer.

La société capitaliste prospère notamment sur le travail social invisible, force est de le constater encore majoritairement réalisé aujourd’hui par les femmes (soutien aux proches durant les âges les plus vulnérables de la vie, travail domestique…). Malgré les avancées et droits conquis, c’est toujours la double peine, celle de la cumulation du travail salarié et domestique pour les femmes. Par ailleurs, elles font partie en majorité de la couche la plus précarisée des salariés. Elles occupent les fonctions les moins qualifiées, représentent la grande majorité des familles monoparentales et des salariés à temps partiel. Plus les inégalités entre les hommes et les femmes persistent, plus la plus-value est importante pour les propriétaires fortunés des grandes entreprises. Le système capitaliste, violent dans son fonctionnement, fait perdurer la violence au sein de la société et notamment envers les femmes.

Afin de maintenir et conquérir de nouveaux droits pour les femmes, il est impératif de mener une lutte active contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation et de favoriser le rassemblement de toutes les couches opprimées de la société, en levant les barrières liées au sexe, à la nationalité, à la langue et à la religion.

Une authentique émancipation de la femme n’est possible que si la classe du salariat, celle de ceux qui n’ont d’autre choix que de vendre leurs aptitudes et compétences pour vivre, dans son ensemble est émancipée.

Seul un changement social profond avec l’avènement d’une nouvelle société basée sur des principes de solidarité, de coopération, d’égalité de droits, d’adaptation aux changements climatiques et de préservation de la santé des écosystèmes et des êtres vivants le permettra!

1 Comment Laisser un commentaire

  1. Merci pour cet article.

    Je trouve qu’il présente un mérite important vu les nombreuses publications actuelles. Il replace l’émancipation des femmes dans le cadre de la lutte des classes et se rapproche ainsi davantage d’Engels que de nombreux discours néo féministes contemporains qui tendent à faire du rapport femmes hommes une contradiction première indépendante des rapports de production. C’est, à mes yeux, un point fort que je tiens à saluer.

    J’aimerais toutefois formuler une remarque fraternelle.

    Il me semble que le texte reste, par endroits, inachevé du point de vue du matérialisme dialectique et historique. Les formules comme « lutter contre toutes les formes d’oppression », « toutes les couches opprimées » ou encore l’appel final à une société fondée sur « la solidarité », la « coopération » ou l’« égalité des droits » sont politiquement compréhensibles, mais elles demeurent théoriquement générales. En effet, chez Marx, Engels et Lénine, le projet communiste n’est jamais défini d’abord par un ensemble de valeurs.

    Bien au contraire, le projet communiste est caractérisé par la transformation des rapports de production, des rapports de propriété, du crédit, de l’État et des institutions qui organisent concrètement la vie sociale.

    Cette exigence méthodologique est au cœur du matérialisme historique.

    Dans *L’Idéologie allemande*, Marx et Engels rappellent que les hommes « entrent dans des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté » en produisant leur existence. Le point de départ n’est donc jamais un idéal moral, mais les rapports sociaux matériels qui structurent une société.

    C’est cette démarche qui irrigue toute la tradition marxiste.

    Engels montre, dans *L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État*, que la division sociale des fonctions entre hommes et femmes ne constitue pas en elle-même un rapport de domination intemporel.

    En cela l’article est très juste et conforme à l’orientation marxiste.

    La division sociale des fonctions devient historiquement un rapport d’inégalité lorsque se développent la propriété privée, l’héritage et certaines formes de pouvoir social, dont l’économie domestique. La contradiction ne réside donc pas dans la différence des fonctions, mais dans les rapports sociaux qui les organisent.

    Cette méthode marxiste-léniniste inspire également Clara Zetkin, qui refuse de dissocier l’émancipation des femmes de la lutte de classes et critique les limites d’un féminisme bourgeois centré sur la seule égalité juridique. Alexandra Kollontaï prolonge cette réflexion en montrant que l’émancipation suppose non seulement l’égalité des droits, mais aussi une transformation des conditions matérielles de la reproduction sociale : développement des services publics, socialisation d’une partie du travail domestique, accès effectif au travail, à la formation et à la culture. Là encore, il ne s’agit jamais d’opposer des valeurs à d’autres valeurs, mais d’identifier les transformations matérielles qui rendent l’émancipation réellement possible.

    Cette exigence de partir du concret est ensuite approfondie par toute la tradition hégéliano-marxiste, notamment Georg Lukács et Antonio Gramsci, qui mettent en lumière le rôle des médiations historiques et institutionnelles. Les contradictions sociales ne se dépassent pas par la seule affirmation de principes généreux. Elles exigent la transformation des médiations concrètes : propriété, entreprise, crédit, droit, État, services publics, démocratie et institutions qui organisent la production comme la reproduction sociale.

    Joseph Staline prolonge lui aussi cette exigence méthodologique dans *Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique* puis dans *Les Problèmes économiques du socialisme en URSS*, en critiquant toute approche subjectiviste qui partirait de catégories morales ou de simples intentions. Il y démontre que les idées ne transforment pas le monde par elles-mêmes ; elles ne deviennent efficaces qu’à travers des conditions matérielles et des institutions capables de les rendre effectives. Il y identifie la question décisive. Elle devient donc toujours : quelles institutions nouvelles permettent réellement de transformer les rapports sociaux ?

    Enfin, j’ajouterais un point qui me semble aujourd’hui indispensable à la lumière particulièrement des travaux de Michel Clouscard. Le capitalisme contemporain ne se contente pas de combattre les aspirations à l’émancipation. Il sait aussi les récupérer, les marchandiser et les transformer en nouveaux marchés, en nouvelles consommations et en nouvelles formes de valorisation du capital. Une critique marxiste de l’émancipation ne peut donc faire l’économie d’une analyse de cette récupération marchande, faute de quoi des revendications légitimes risquent d’être absorbées par le fonctionnement même du capitalisme.

    À mes yeux, c’est précisément là que le matérialisme dialectique conserve toute son actualité : partir du concret plutôt que de l’abstrait, des rapports sociaux réels plutôt que des seules valeurs, afin d’identifier les médiations et les institutions nouvelles nécessaires à une transformation socialiste de la société.

    Comme le rappelaient Marx, Engels et Lénine, la théorie et la pratique sont indissociables. Une stratégie révolutionnaire communiste ne peut par conséquent pas se satisfaire de principes généreux. Elle doit comprendre les mécanismes matériels de la société contemporaine pour être capable de les transformer.

    C’est ce que nous rappellent, dans leur engagement, des militantes communistes comme Danielle Casanova, Martha Desrumaux, Marie-Claude Vaillant-Couturier ou Madeleine Riffaud. L’émancipation des femmes ne se réduit ni à une revendication identitaire ni à une proclamation morale. Elle s’inscrit dans un projet plus vaste de transformation des rapports sociaux, de conquête démocratique et d’émancipation du monde du travail.

    Fraternellement,

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Recevoir notre newsletter