Municipales à Paris. Faut-il renouveler l’alliance PS-PCF ?

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Le PCF est actuellement en négociation avec Anne Hidalgo et le PS en vue d’une liste commune aux élections municipales de 2020. Les discussions portent sur les bases programmatiques de l’alliance et aussi sur la représentation des communistes dans la composition des listes, qu’Hidalgo cherche à réduire. Parmi les éléments du programme sur lesquels insiste le PCF, il y a la construction de 30 000 logements supplémentaires, 6000 places de crèche et la gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans et les retraités. Si les discussions aboutissent à un accord, le principe d’une liste unitaire sera soumis au vote des militants communistes.

Le PCF a été en première ligne de nombreux combats dans la capitale, concernant le logement, le maintien des services publics (hôpitaux et centre de santé, bureaux de postes, crèches) ou encore l’accueil des migrants. Il a également apporté son soutien actif à de nombreuses luttes syndicales. Mais sur toutes ces questions, il a dû se battre contre les réticences et parfois la franche hostilité de ses « alliés » socialistes à la Mairie centrale ou dans des mairies d’arrondissement. Et s’il est vrai que la majorité municipale de Paris sous la direction d’Anne Hidalgo a un bilan est comparativement meilleur que ce qu’aurait fait une majorité de droite, notamment en ce qui concerne le logement social et l’environnement, il n’en reste pas moins que les orientations générales de la politique municipale s’inscrivent – comme la politique du Parti Socialiste sur le plan national – dans une logique capitaliste, axée sur la soif du profit et la rapacité spéculative du monde des affaires. Paris est une ville marquée par de profondes inégalités sociales, par une très grande précarité de l’emploi et une généralisation visible et palpable de la grande misère. C’est une réalité qui s’aggrave d’année en année et les quelques éléments de progrès social dont la municipalité peut se vanter ne suffisent absolument pas pour inverser la tendance.

La tenue des Jeux Olympiques à Paris en 2024 a donné lieu à une véritable orgie de spéculation capitaliste. Le profit passe avant tout. On construit des hôtels de luxe et des équipements pour générer des profits, alors que les quartiers populaires sont laissés à l’abandon. Pourquoi les dizaines de milliers de logements et de locaux vides n’ont-ils pas été réquisitionnés pour accueillir les mal-logés et les sans abris ? Pourquoi les conditions de travail et les bases contractuelles des salariés municipaux sont-elles constamment attaquées ? Comment justifier le démantèlement des services publics parisiens ? On peut dire que Hidalgo est préférable à un ou une maire de droite. Mais est-ce vraiment un argument suffisant pour justifier la participation du PCF dans son équipe municipale ? Nous pensons que non.

Inévitablement, la nature des alliés que les communistes choisissent dans les municipalités compte dans la perception du PCF à l’échelle nationale. La Riposte n’est pas hostile à la conclusion d’accords électoraux entre le PCF et d’autres partis de gauche en toutes circonstances. Mais concernant le PS, dont on connaît l’histoire et les orientations pro-capitalistes à l’échelle nationale, il faut tenir compte de la nature du PS au niveau de chaque municipalité. Là ou le PS signe une base programmatique vraiment progressiste et s’engage à se battre loyalement pour sa réalisation, une alliance peut, en principe, se justifier. Mais lorsqu’il s’agit, comme c’est le cas à Paris, de socialistes qui sont très proches de la direction nationale de leur parti – dont la politique ne se distingue guère de celle de Macron – la conclusion d’une alliance ne peut que compromettre le PCF et le couper davantage de sa propre base sociale.

4 thoughts on “Municipales à Paris. Faut-il renouveler l’alliance PS-PCF ?

  1. Bonjour,
    il est dommage ou bien “volontaire” du rédacteur d’avoir omis la casse du service public de la ville de Paris sous couvert de” recentrage sur le cœur de métier” ou d’écologie, par la création de plusieurs établissement public (service des eaux,musées de paris, grandes écoles) ou encore privatisation (piscine) remplacement par des association (crêches) etc.
    Peut être que les communistes qui militent au sein du SP parisiens ( en existe t’il encore ?) préfère la lutte des places à la lutte des classes !!

    1. Bonjour,

      On a du mal à comprendre le sens de cette critique. Certes, le texte ne détaille pas tous les aspects négatifs de la politique menée par Hidalgo. Il ne donne pas non plus une liste complète de ses aspects positifs. Il évoque bien le démantèlement des services publics et la dégradation des conditions de travail des salariés municipaux . En tout cas, le point de vue du texte concernant le bilan municipal est évident. Quant à l’allusion aux “communistes qui militent au sein du SP parisien” ( vous vouliez écrire PS, sans doute), on ne comprend pas à qui cela fait allusion. La possibilité de laisser des commentaires sur nos textes vise à favoriser des échanges constructifs et fraternels. Des remarques acides et sans fondement ne mènent nulle part.

      Greg Oxley, PCF Paris 10

  2. Le premier commentaire est probablement acide, certes, mais pour moi il fait sens. Le PCF donne l’impression de se démener pour sauver quelques “bonnes” places en faisant des accords avec un parti pourri comme le PS qui n’a plus rien d’un parti ouvrier. Je ne nie pas qu’il existe toujours quelques personnes sincères au PCF et qui sont dévouées à la cause ouvrière. Je ne mets pas en doute votre propre sincérité à vous. Mais disons les choses clairement, le PCF est désormais un cadavre politique et votre travail politique actuel qui consiste à remettre ce parti sur de bons rails, aurait peut-être eu un sens dans les années 80 mais apparaît risible aujourd’hui. Enfin c’est sincèrement mon avis.

    1. Cher camarade,

      Merci pour ton commentaire. Il y a, bien évidemment, dans le PCF, un problème relatif à la recherche de “bonnes places”. Mais il ne convient pas de jeter le bébé avec l’eau de bain. Malgré ses problèmes, le parti n’est pas “pourri” à 100% et n’est certainement pas un “cadavre politique”. Malgré son affaiblissement organisationnel, il demeure, et de très loin, la force politique de fauche la plus importante en termes d’effectifs et de capacités militantes. Dans ses rangs se trouvent un nombre important de militants dévoués corps et âme à la cause des travailleurs. Notre participation au PCF n’a donc rien de “risible”. Elle découle de notre propre engagement communiste, de notre volonté de défendre nos idées révolutionnaires. Quelle est l’alternative ? Rejoindre l’un des des minuscules “partis révolutionnaires” autoproclamées ou en créer un de plus en notre propre nom ? Non merci !

      Partout en Europe, à l’exception du Royaume-Uni, les partis de gauche perdent du terrain. En Italie, il n’existe plus aucun parti de gauche socialement implanté. Les causes de ce recul sont nombreuses. Mais il n’est pas irréversible, à notre avis. En tant que marxistes, nous maintenons notre engagement dans nos organisations, quelques soient les difficultés qu’elles rencontrent, et nous nous efforçons de les rendre plus forts sur les plans idéologique, programmatique et organisationnel.

      Fraternellement,

      Greg

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