Gilets jaunes : entre incertitudes et répliques à l’international

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Mouvement des Gilets Jaunes : incertitudes sur le plan national, répliques à l’international, une tentative d’explication…

L’acte V du mouvement des Gilets Jaunes, tenu samedi dernier 15 décembre à Paris et dans quelques villes en région, a suscité comme les épisodes précédents une forte couverture médiatique ainsi qu’un intérêt majeur au sein de la société. . Les chiffres officiels du nombre de manifestants diminuent. Le même refrain semble alors tourner en boucle : le mouvement des Gilets Jaunes s’essouffle. Le mouvement marque le pas, certes. Comment s’en étonner, après 5 semaines de mobilisation et à l’approche des fêtes de fin d’année ? Mais la colère elle, reste intacte.

Un phénomène marquant : les fortes mobilisations sociales sont contagieuses au-delà des frontières. En effet, des répliques se sont produites dans d’autres pays, certains avec lesquels nous sommes en résonance sur le plan des luttes, et d’autres avec qui nous avons peu d’expériences de mobilisations simultanées. Ainsi, si des mouvement de Gilets Jaunes ont essaimé un peu partout en Europe, allant de  l’Espagne à l’Italie, pays avec lesquels nous partageons une histoire commune de mobilisations sociales, certains pays d’Europe de l’Est nous ont aussi emboîté le pas, comme la Bulgarie et la Serbie. Plus loin de nous, des mouvements de Gilets Jaunes sont aussi nés en Israël et en Irak. Enfin, un mouvement  parent de « Gilets Rouges » a vu le jour au Burkina Faso (voir l’article de France Culture qui dresse un panorama représentatif de cet essaimage).

Sur le plan de la forme, il s’est agi avant tout de manifestations politiques classiques dans les grands centres urbains, et il n’a pas été rapporté pour l’instant de blocages d’axes routiers. Seule la fameuse chasuble jaune (ou rouge pour le Burkina Faso) semble s’imposer comme signe de ralliement. Sur le plan du fond, outre quelques exceptions comme en Serbie et un peu moins en Bulgarie, la tendance nationaliste n’est pas prédominante. Au contraire, le dénominateur commun de toutes ces mobilisations semble se focaliser sur la cherté de la vie ainsi que sur la corruption de la classe politique.

Les deux conclusions que l’on peut en tirer sont le fait qu’une stagnation (même de surface) au plan national n’est pas antinomique avec un rayonnement à l’étranger. En second lieu, il reste flagrant que la classe politique, en réalité le bras armé des classes dirigeantes des pays concernés, soit visée principalement, en lieu et place de leurs maîtres.

Et comme un caillou qui provoque un rayonnement d’ondes après être tombé dans l’eau calme, on peut comprendre que la secousse relative qui a traversé la France se calme mais qu’en contrepartie elle se transmette à d’autres sociétés.

C’est comme si les classes exploitées des différentes sociétés prenaient conscience collectivement des injustices qu’elles subissent sans pour autant pointer les réels responsables. Et comme un caillou qui provoque un rayonnement d’ondes après être tombé dans l’eau calme, on peut comprendre que la secousse relative qui a traversé la France se calme mais qu’en contrepartie elle se transmette à d’autres sociétés. Il ne serait  pas non plus étonnant qu’en retour des remous redonnent du souffle depuis l’étranger à la version française des Gilets Jaunes.

Cela reste à prouver par les évènements à venir. Pour autant, il est important pour les communistes que nous sommes, lorsque nous intervenons dans des discussions avec des Gilets Jaunes, de leur faire partager la nécessité de pointer les vrais coupables que sont les classes dirigeantes des différents pays, plus ou moins puissantes, en concurrence ou en coopération, qui se partagent ou se disputent le monde et nous font subir les conséquences de leurs luttes d’influence. Cette contagion, relativement faible, se fait spontanément. On ne peut qu’imaginer ce qu’il en serait suite à un appel international franc et clair après l’arrivée au pouvoir d’un mouvement révolutionnaire.

RB (PCF Saint-Denis) et BC (PCF Lorient), 20 décembre 2018

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