12 septembre : Mobilisation contre les ordonnances !

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Le docteur Macron a beau dépenser 26 000 euros sur des prestations de maquillage (en trois mois), il n’a pas réussi à cacher son vrai visage. Il veut administrer une cure de régression sociale aux travailleurs. Il a décidé de s’attaquer à ce qui aiderait les travailleurs de résister aux symptômes terribles du capitalisme. Ses donneurs d’ordre ont besoin d’une ordonnance salée pour les salariés.

Ce gouvernement a été élu par défaut, profitant de la désintégration du PS et des affaires qui ont discrédité Fillon et d’une abstention record. Il est le serviteur zélé des intérêts du patronat, il n’y a qu’à voir le nombre de ministres présents aux universités d’été du MEDEF !

Quand le contenu des ordonnances a été enfin dévoilé, il n’y eu aucune surprise ! Elles sont exactement ce que réclame le MEDEF depuis longtemps. Il n’y a qu’à entendre les déclarations quasi jouissives de Gattaz après les annonces, précisant que cela ne doit être qu’une première étape ! Si cette régression est une première étape, on peut imaginer la suite !

Pour sa part la CGT n’a pas été naïve sur le contenu de ces ordonnances. Bien avant l’été, elle avait donné les grandes lignes de ce qu’elles pouvaient contenir et avait dénoncé les contre-réformes qui pointaient. En même temps, quand un gouvernement dit qu’il veut « libérer le travail » on se doute bien que ce n’est pas libérer le travail de l’exploitation capitaliste, mais plutôt libérer les possibilités d’accroitre l’exploitation !

Nous pourrions prendre l’ensemble des ordonnances, chacune d’elles comporte des attaques contre les protections conquises par les salariés. Il suffit d’en prendre 2 pour comprendre la vision macronienne des relations au travail.

La première, c’est le plafonnement des indemnités prudhommales. Cette mesure, déjà présente dans la première version de la loi El Khomri et que la mobilisation avait permis de rejeter, démontre que pour le gouvernement et le patronat la « démocratie » et « la république » avec toutes les notions « droit de l’hommiste », ne sont valables que tant qu’elles ne freinent pas les bénéfices ! Normalement, toute personne aillant subi un dommage doit être indemnisée à la hauteur du préjudice subi. Ce principe simple, qui est l’un des piliers de la justice, est tout simplement jeté aux orties pour permettre aux patrons de ne « plus avoir peur » d’embaucher !

Comme les patrons – ces nouveaux chevaliers modernes, la quintessence du courage dans notre société suivant les poncifs des grands médias – ont « peur » des prud’hommes ! En effet, comme toute juridiction dans notre société, les prud’hommes sont là pour juger du non-respect de la loi et évaluer en quoi cela a entrainé un préjudice à la victime. Quand un employeur licencie sans respecter la loi, les conseillers prud’homaux définissent le préjudice en fonction de la situation subie par le salarié. Tout cela en vertu du principe commun « le coupable doit réparer le dommage causé » ! Mais pour les patrons, la justice ne doit pas entraver leur pouvoir et leurs bénéfices. Alors, si les ordonnances passent, le salarié sera considéré comme un « sous-citoyen », n’étant pas une « victime » comme les autres ! Cette mesure avait été retirée de la loi El Khomri, car cela avait permis au gouvernement Valls de fendre l’unité entre la CGT et FO. En 2016, le plafonnement était pratiquement le seul point sur lequel FO était intransigeante. C’était sa ligne rouge ! Par contre, il semble qu’en 2017 ce ne soit plus le cas pour Mailly. Face au changement de ton de FO entre 2016 et 2017, on n’ose pas penser que la différence serait la présence d’un ancien secrétaire confédéral FO auprès de Muriel Pénicaud !

La deuxième mesure serait la partie « dialogue social ». Il y a d’abord la suppression à terme du CHSCT. Le Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail est sûrement celui qui entrave le plus l’accroissement de l’exploitation, il a un pouvoir important (certes limité, car il n’est que consultatif). Il met face à ses responsabilités de maintien de la « santé physique et mentale » des salariés le patronat, et cela « empêche » de libérer le travail du point de vue des capitalistes ! Alors, il faut le vider de toutes ses prérogatives : les ordonnances prévoient de le noyer dans un comité économique et social qui aura moins de moyens qu’actuellement. C’est, de plus, un bon moyen de réduire les moyens d’action des syndicats en baissant le nombre de représentants, en baissant les moyens financiers et en éloignant le plus possible ces élus des salariés.

Le patronat souhaite que le syndicalisme se professionnalise, que les représentants du personnel deviennent des « partenaires » à la mode allemande. Bien sûr, la CFDT n’est pas contre, même si elle émet certaines réserves. Il faut dire que le syndicalisme « réformiste » rêve d’être « un partenaire » du patronat pour  « négocier » la régression en profitant de cette proximité avec les capitalistes pour en tirer des avantages. Le patronat est prêt à « acheter » les syndicats quand ils existent dans la boite, mais c’est encore mieux d’éviter leur présence, même s’ils sont réformistes. Et pour cela les ordonnances prévoient tout ! Quand il n’existe pas de syndicat, le patron pourra passer des accords via un référendum ! On imagine bien comment ces référendums auront lieu ! En clair, le patron pourra faire passer des tas d’accords qui permettront de supprimer certaines primes (comme le 13e mois) ou augmenter le temps de travail sans compensation salariale. Pour l’heure ce n’est que pour les boites de moins de 11 salariés, mais une fois lancée cette possibilité sera probablement étendue, le but étant d’empêcher le développement des syndicats.

Il faut mobiliser les salariés contre cette régression sociale. Si le capitalisme ne peut survivre qu’en dégradant nos conditions de vie et de travail, alors il faut se débarrasser du capitalisme ! La CGT doit organiser la riposte et mobiliser tous les salariés contre cette loi. La Riposte participera aux mobilisations proposées par la CGT, Solidaires et l’UNEF le 12 septembre. Il est à noter que de nombreuses unions départementales et fédérations FO appellent, elles aussi, à participer, et que la FSU a déposé des préavis pour permettre à ses syndiqués ou sympathisants d’aller manifester.

La CFDT dit qu’elle n’est pas contente de ces ordonnances, mais n’appelle pas à se mobiliser le 12. On peut espérer que certains syndicats CFDT y participeront quand même. La CGT n’est pas isolée contrairement à ce que disent les médias ! D’ailleurs, plus de 60% des Français considèrent que ces ordonnances vont dans le mauvais sens !

La question qui se pose c’est quelle stratégie adopter pour tenir compte des défaites déjà subies (les retraites et la loi El Khomri). Les journées d’action « saute-mouton » ont montré leurs limites. Le nombre de manifestants n’est pas ce qui fera reculer Macron, le capitalisme a trop besoin d’imposer la régression sociale. Il faut que la CGT tienne un discours clair et empreint de motivation : la seule possibilité pour faire reculer le gouvernement serait une grève reconductible et interprofessionnelle forte. Le 12 n’est qu’une première étape. Il faut que nous expliquions cela aux salariés, et que nous préparions des grèves qui durent qui et tiennent. La CGT ne peut pas décréter la « grève générale », mais notre rôle est de la préparer, en expliquant que c’est le seul moyen de gagner !

Sylvain Roch, CGT, PCF

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