Des primes pour les non-grévistes

greve 29 janvier 2009
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Alors que certains cheminots recevaient leurs bulletins de paie à 0 euro de la part d’une SA (société anonyme), anciennement Société Nationale des Chemins de Fer, d’autres se voyaient attribuer une prime pour fait de….non-grève. La direction affirme sans ambages vouloir « remercier les personnels pour leur implication dans la continuité du service public » et les inviter à un « moment convivial ».

De source syndicale, les primes versées vont de 300 à 1500 euros, une véritable provocation de la part de la direction quand d’autres se retrouvent sans rien, avec des coups de matraque et  le souvenir des gaz lacrymogènes en guise de prime pour s’être opposés au projet de réforme des retraites de toutes et tous.

Alors que la direction ne cessait d’expliquer à qui voulait la croire qu’il fallait vendre des actifs (comprendre démanteler l’entreprise SNCF) et réaliser des économies drastiques, ou de justifier la non-augmentation des salaires par le déficit de l’entreprise, il apparaît que tout d’un coup il y a de l’argent pour inciter à ne pas faire grève, à la manière de ce qu’il s’est fait dans l’Education Nationale.

Les militants les plus mobilisés ont constaté une forte présence des forces de l’ordre : blocages de distributions de tracts sur la voie publique, confrontations sur les piquets de grève, puis maintenant menaces, gardes à vue, assignations en justice…

On ne peut pas dire que le gouvernement aux ordres des capitalistes ait lésiné sur les moyens pour tenter de briser les militants les plus déterminés, avec dans les tuyaux une possibilité évoquée par des sénateurs de réquisitionner des grévistes à l’avenir.

L’autre face consiste maintenant à récompenser ceux qui ne participent pas au mouvement contre la réforme des retraites. Et pour la direction de la SNCF, peu importe s’il a fallu multiplier les heures supplémentaires pour assurer un trafic le plus normal possible, avec les risques que cela comporte en matière de sécurité.

Les syndicats ont déjà fait savoir qu’ils vont lancer des procédures judiciaires contre la direction de la SNCF. Car selon la Cour de Cassation, attribuer une prime aux salariés qui n’ont pas participé à un mouvement de grève est une pratique discriminatoire. Lors d’un mouvement de grève, l’employeur (article L2511-1 du Code du travail) ne doit ni sanctionner les grévistes ni favoriser ceux qui n’ont pas participé au conflit. Attribuer une prime aux salariés qui, en plus de leur travail, ont accepté de remplacer leurs collègues le temps de la grève est une pratique illicite.

Ce qui fait honneur à certains bénéficiaires de ces primes, c’est qu’ils aient annoncé qu’ils les reversaient dans une caisse de grève.

Diviser le camp des travailleurs a toujours été une base pour les exploitants. Pas de règne sans division pourrait-on dire. A nous de convaincre les salariés qu’ils partagent tous le même sort et que seule l’unité pourra faire que l’ensemble des salariés puisse remporter une victoire.

Eric Jouen, PCF 76

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