Le cas Nicolas Sansu  : une alliance PCF-LREM  ?

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« L’opportunisme n’a pas de couleur politique » et à l’image de notre ancien secrétaire national Robert Hue (fraîchement décoré par Macron), Nicolas Sansu (ancien député du Parti communisme et maire de Vierzon) semble en avoir fait sa philosophie de vie. Il n’a pas beaucoup de convictions politiques pour gouverner sa ville. S’il a fait des actions exemplaires dans le passé, il a dérivé de plus en plus vers la droite. Que s’est il passé entre le moment où il organisait des manifestations contre la fermeture de l’hôpital de Vierzon en septembre 2017 contre les projets du gouvernement Macron et le moment où il a déclaré, le 18 novembre 2019 au Berry républicain : « être Macron-compatible » ?

A l’occasion des municipales, l’élu du PCF retourne complémentent sa veste et risque de discréditer le parti dans sa lutte contre Macron. A la vieille de la mobilisation contre le projet du gouvernement sur les retraites, Nicolas Sansu se déclare ouvertement dans les journaux être compatible avec eux. Même la CFDT n’aurait pas osé un grand écart aussi flagrant. L’ancien député a-t-il été refroidi par les législatives de 2017, où il a perdu son siège de député à la faveur de Nadia Essayan (LREM) ? Ou alors faut-il remonter jusqu’à 2015 où, après une campagne catastrophique, il n’a recueilli que 4,59 % des voix aux élections régionales ? Peut-être un peu des deux. En tout cas, et cette fois-ci, il veut manifestement être dans le camp des gagnants, quitte à se tourner directement vers les Macronistes pour tenter de sauver sa place à mairie.

Le 15 octobre 2019, Le Berry Républicain interroge Nicolas Sansu et fait le point sur les futures élections municipales de Vierzon. « Je discute en effet avec tous les partis républicains », confirme le maire sortant. Des républicains au parti communiste pour un premier tour dans une ville de plus de 27 000 habitants, on croit rêver. Mais malheureusement pour lui, Nicolas Sansu serait trop à droite pour le Parti Socialiste. Philippe Fournié (PS et adjoint de Sansu) déclare « Nous, très clairement, on travaille sur un projet et on a aujourd’hui des gens qui nous ont rejoints. On est une force de gauche et on l’assume »

Que le PS cherche à se positionner sur « la gauche » de Sansu aurait dû l’inciter à se poser des questions concernant sa démarche. Mais qu’à cela ne tienne, il surenchérit : « Je n’ai pas honte de ce que je suis, je suis adhérent du PCF. Mais l’objectif, ce n’est pas de décliner localement le projet du Parti communiste à Vierzon, mais bien de construire un projet qui rassemble, autour de la solidarité, de l’égalité, du développement économique et de l’écologie. » Avant de reprendre à son compte la rengaine des Macronistes : « Le Rassemblement National est, à Vierzon, un danger qu’il ne faut pas minimiser. Il ne faut pas lui laisser la moindre chance ».

Ce genre d’opportunisme fait du mal au Parti Communiste. Alors que le parti est engagé corps et âme contre le gouvernement Macron, qu’un élu se dit « compatible » avec les soutiens de Macron est extrêmement compromettant. Cela ne doit pas être toléré. Les militants et les sections du PCF doivent se saisir de ce problème pour réaffirmer nos principes. Les sections devraient prendre les choses en main et interpeller la direction du parti par l’envoi de motions pour qu’elle prenne clairement position sur cette question et retire son soutien aux candidats qui se laissent aller à ce genre de dérive.

Fabien Lecomte (PCF 86)

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