Fin du conflit des postiers du 92

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Par JS B, JC 92, et FL, CGT FAPT

Le 1er juillet, après 15 mois de lutte acharnée contre la direction de La Poste et avec des payes à 0 €, les postiers du 92 ont obtenu en partie gain de cause.

Cette grève a eu pour déclencheur le licenciement de Gaël Quirante, délégué départemental de SUD dans le 92, puis les revendications ont mis en lumière les revendications salariales. Or le 13 avril, le Tribunal de grande instance de Nanterre rendait une ordonnance de référé après que la Poste ait assigné Gaël Quirante et comptait, suite à son licenciement, demander à la justice de lui interdire l’accès aux locaux de La Poste, y compris avec le concours des forces de l’ordre. La juge a reconnu que, sur la base du mandat que lui a confié Sud Poste 92, Gaël ne peut se voir interdire l’accès aux locaux postaux. Ceci est déjà une grande victoire face au projet de la Poste.

Dès le début de la mobilisation c’est-à-dire au mois d’avril, les 150 grévistes doivent faire face à la mise en examen de 3 des leurs pour des faits de grève datant de 2014 ! Durant cette année de lutte, la Poste tenta par tous les moyens de briser cette grève que ce soit par la suppressions de tout salaire, y compris les mutuelles et compléments familiaux, les diffamant, ou encore via des violences sur les grévistes aussi bien par des cadres, encore en fonction à la Poste, que par des policiers, violant ainsi le droit de grève. Plus grave encore, la violence de ce conflit à poussé un gréviste à s’immoler par le feu notamment à cause du blocage de son évolution de carrière au sein du groupe. Fin 2018, avec les élections professionnelles, nous pouvons dire que le mouvement aura eu le soutien des salariés car SUD récoltera la majorité absolue des voix soit 51,8% des suffrages, avec un taux de participation à 86%, soit 13 points au-dessus de la moyenne nationale. La CFDT aura joué pleinement son rôle de syndicat jaune en accompagnant la campagne de dénigrement de la direction que ce soit vis-à-vis de SUD Poste ou même des grévistes. 

Les grévistes ont tenu grâce à la caisse de grève toujours active (https://www.lepotcommun.fr/pot/kgmfkl66) alimentée par la solidarité notamment des salarié.e.s. Des convergences on été tissées avec d’autres secteurs en lutte, notamment avec les transporteurs routiers de Géodis, filiale de la SNCF, les étudiant.e.s. ou le collectif “Vérité pour Adama” ou, plus récemment, les grévistes de Chronopost Alfortville, filiale de la Poste; sous-traités par Derichebourg, où les salariés sont des sans-papiers récemment arrivé en France, ayant très peu connaissance de leurs droits et travaillant dans des conditions précaires.

Le protocole signé au début de l’été garantit notamment des créations d’emplois pérennes (dont 70 CDI pour 2019), des reports de certaines réorganisations en 2020 (et même en 2021 pour Asnières). Pour en arriver là, il aura fallu 43 audiences de négociations, 15 versions de protocole et 3 séances de relecture.

Ce protocole de fin de conflit démontre la mauvaise foi de la direction qui aura été jusqu’au bout pour tenter de briser la grève plutôt que de négocier. Cette lutte longue et sans concession aura donné du courage à d’autres postier.e.s comme celles de Mielan dans le Gers qui, à 4 après 109 jours de grève ont finalement obtenu gain de cause. La Poste reste la championne incontestée dans le pourrissement des luttes syndicales et dans son incapacité à régler les conflits sociaux.

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