Gilets Jaunes : une révolte à comprendre et à soutenir !

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Malgré les justifications « écologiques » du gouvernement concernant la hausse des taxes sur les carburants, son hypocrisie saute aux yeux. Au nom de l’écologie, on taxe des automobilistes et les PME du transport routier. Bien évidemment, sans aucune contrepartie. Les gros pollueurs, eux, sont épargnés. Le transport maritime et aérien est préservé puisque le kérosène n’est pas taxé. On ne touche pas plus aux milliards de bénéfices de Total et autres poids lourds de l’émission de gaz à effet de serre. Et, en même temps leurs grands actionnaires profitent de la suppression de l’ISF. C’est finalement dans la logique du « capitalisme vert », qui chercher à individualiser la responsabilité des problèmes écologiques pour ne pas s’attaquer à leurs causes structurelles. Le poids du transport individuel, pour ne citer qu’un exemple, découle du manque ou de l’inaccessibilité des transports collectifs.

Le prix du carburant est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres face à l’augmentation du coût de la vie. En dehors de ceux qui ont activement participé à la mobilisation des « gilets jaunes », une partie considérable de la population soutient ses objectifs. Des mouvements de ce genre, naissant en dehors des appels des organisations syndicales, se reproduiront à l’avenir. Quelle doit être notre approche envers de telles mobilisations ?

Les « gilets jaunes » ne sont pas sans rappeler le mouvement des « bonnets rouges », qui s’est produit en 2013. Nous disions alors : : « Les travailleurs forment une classe opprimée, économiquement, socialement et aussi psychologiquement. Leurs idées reflètent nécessairement les idées dominantes dans la société, les idées capitalistes. Par conséquent, l’entrée en action de travailleurs habituellement passifs et non politiques s’accompagne toujours et inévitablement, dans un premier temps, d’idées, de notions et de préjugés formés dans la période précédente. La lutte est un apprentissage.»

Il ne faut pas se rendre coupable de mépris en prenant de haut des travailleurs qui se mobilisent en dehors des cadres habituels. L’immaturité politique des travailleurs mobilisés aussi massivement est inévitable. Les revendications et les idées confuses qu’ils peuvent prononcer n’est pas une preuve de penchants « réactionnaires ». Au contraire, elle traduit l’entrée dans l’arène de la lutte des classes de couches de la société qui s’en tenaient éloignées jusqu’à présent. Il y a certainement, parmi eux, un certain nombre d’éléments réactionnaires intransigeants. Mais ces éléments sont très loin d’être majoritaires. Nous devons aller au contact des travailleurs impliqués dans ce genre de lutte, établir un dialogue avec eux, essayer de les organiser syndicalement et de les convaincre de nos idées communistes.

L’extrême-droite cherchera systématiquement à récupérer ces mouvements “spontanés”, à détourner la colère des travailleurs vers leurs propres intérêts. Cela ne l’empêche pas de condamner systématiquement les travailleurs en grève et leurs syndicats, ou de soutenir la casse des services publics. Les patrons du secteur routier sont affectés par la hausse du prix du carburant. Mais ils applaudissent toutes les mesures rétrogrades de Macron et de ses prédécesseurs et ne refusent pas leurs cadeaux fiscaux. Se tenir à l’écart des « gilets jaunes » ne peut que faciliter leur travail de récupération. Nous devons mener la bataille des idées parmi les travailleurs en révolte pour démasquer les faux amis que sont les patrons et l’extrême-droite.

Quelles que soient l’ampleur et l’évolution de ce mouvement dans les semaines et les mois à venir, il ne suffira certainement pas à faire reculer le gouvernement. Il se peut que le mouvement parvienne à se structurer pendant un certain temps. Quoiqu’il en soit, sur la base d’un programme qui, en idées et en action, frappe à la tête de l’ordre capitaliste, le PCF et la CGT pourraient couper l’herbe sous les pieds de l’extrême droite et convaincre une partie des manifestants de s’engager dans la lutte contre le système qui les opprime.

Boris Campos PCF 56

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