A propos des sénatoriales

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ENFIN ! Ce 24 septembre clôt la longue séquence électorale française qui a duré 1 an et nous a donné à vivre un pseudo affrontement entre anti-libéraux taxés de populistes – mais en réalité tenants d’un réformisme de gauche teinté de patriotisme en la personne de Jean-Luc Mélenchon – et prêcheurs d’un libéralisme heureux et pourvoyeur d’emploi, mais en vérité destructeur de vies.

Pour le nouveau pouvoir macroniste, les sénatoriales devaient clôturer en beauté cette année de hold-up électoral, où un aventurier-banquier sponsorisé par le grand patronat français et international, notamment son père spirituel Jacques Attali, qui l’a introduit dans le cabinet présidentiel de François Hollande, et qui de là est peu à peu devenu son éminence grise au point de devenir son ministre de l’économie et des finances le convainquant de détruire le code du travail. Jouant d’un contexte de crise systémique d’un régime politique ultra-personnalisé et de ses partis institutionnalisés – y compris le PCF – il a réussi à devenir président de la république puis, par voie de conséquence, obtenir une large majorité de plus de 300 députés, tous plus incompétents dans leurs rôles les uns que les autres, mais bien conscients des intérêts de classe qu’ils défendent.

Pour les “partis de l’ancien monde”, selon l’expression désormais consacrée, il s’agissait de sauver les meubles, de tenter de ne pas être marginalisé dans la “maison de retraite de la république bourgeoise”.

Quant au Parti Communiste Français, il s’agissait de redevenir le seul parti d’opposition, position qu’il partage aujourd’hui avec la France insoumise qui ne présentait pas de liste aux sénatoriales mais n’appelait pas non plus à voter pour le PCF, allant jusqu’à désavouer une liste d’union PCF-FI en Corse!

Les sénatoriales sont les derniers scrutins du système politique français actuel, directement sorti de la 3ème République, à se faire au suffrage universel indirecte via 1600 grands électeurs issus des conseils municipaux, départementaux, régionaux et/ou territoriaux, censés représenter les ”territoires” mais ne représentant que leurs pré-carrés locaux ! Réélus plutôt que renouvelés par moitié, seule une partie d’entre eux étaient concernés, soit 171 sur 348. Ces élections concernaient tous les départements dans l’ordre minéralogique de l’Indre et Loire aux Pyrénées orientales, les ex-colonies des DOM-TOM et l’île de France.

Les Républicains avait 141 sénateurs, dont 53 sortants, les socialistes 115 sénateurs moins les 29 partis à En Marche! et 47 renouvelables, l’union centriste (Modem, UDI) et les radicaux du RDSE, 16 sénateurs dont 7 renouvelables. La palme du renouvellement de groupe parlementaire revient aux communistes avec 18 sénateurs dont 16 à renouveler. Et 14 non-inscrits dont 9 à renouveler.

Le contexte de hausse de la CSG pour les retraités, la baisse des dotations pour les territoires et la loi travail XXL ont ramené Les Républicains aux 20% d’où ils étaient partis, renforçant ainsi leur majorité de 8 sièges supplémentaires, même si un groupe de “constructifs” pourrait se former. Les Socialistes limitent la casse avec 76 sénateurs, restant la seconde force de la “haute” assemblée. Les centristes améliorent leurs positions d’alliés du gouvernement avec 6 sénateurs supplémentaires. La République En Marche perd 1 sénateur. Les radicaux perdent 5 sièges et peut-être plus encore avec la reformation de l’antique parti radical vieux de 116 ans. Il y aura 9 sénateurs non encartés, dont deux Front National. C’est une défaite à la Pyrrhus pour Jupiter car en plus de ne pas obtenir les 3/5 de la majorité avec un groupe, il ne progresse pas et en reste à sa base initiale. Cependant, sachant que les “socialistes” siégeant au sénat, les centristes mais aussi une partie des Républicains de la rue de Vaugirard sont macron-compatible, tout porte à croire que le sénat sera à l’image de l’assemblée nationale c’est-à-dire servile.

Quant au Parti Communiste, il sauve sa tête et son groupe étant ainsi le seul groupe d’opposition au libéralisme macronien.

Les sénateurs communistes viennent des secteurs où le PCF est ancré territorialement tel Pierre Laurent à Paris, Elianne Assassi en Seine Saint-Denis ou encore Eric Bocquet dans le Nord. Cependant, il ne faut pas se leurrer car le sénat, du fait de son mode d’élection anti-démocratique et de ses faibles prérogatives législatives, doit surtout être vu par nos sénateurs communistes comme l’un de leurs rares canaux d’expression dans les médias tenus par la bourgeoisie. L’opposition à la politique de régression sociale menée par le gouvernement n’y est que symbolique. Ce ne sont pas dans les institutions bourgeoises mais sur le terrain que doivent être menées l’agitation et la contestation, celles-là n’étant qu’une vitrine médiatique qui doit refléter l’état d’ébullition dans lequel se trouvent les mouvements sociaux.

JSB, PCF92

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