Conseil de lecture : La fin de l’Occident, de Hervé Kempf

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Hervé Kempf est un journaliste, anciennement de Courrier International, qui s’intéresse beaucoup à la question de l’écologie. Ce livre est paru en 2013. Nous pouvons lire la chose suivante page 91 : “La réduction de la consommation matérielle dans les pays occidentaux est une évolution à la fois inévitable et souhaitable. Mais comment réduire la consommation matérielle dans les sociétés riches sans diminuer leur bien-être ? Cette question régénère le problème politique : il ne s’agit plus de répartir l’abondance, l’enrichissement sans fin promis par la croissance, mais d’organiser la sobriété.”

Je tenterais ici d’y apporter une critique marxiste.

Pour commencer, ce livre nous place dans un contexte. Il y a une crise financière générale et l’émergence de nouvelles puissances économiques (Chine, Inde, Brésil). Les prix des hydrocarbures (gaz, pétrole) sont très élevés. Les standards de la démocratie libérale semblent établis mais contestés et inefficaces. C’est le triomphe d’Internet : la planète est connectée pour le meilleur et pour le pire. Nous avons une prise de conscience du dérèglement climatique. L’accident de Fukushima en 2011 renouvelle encore cette prise de conscience écologique. Mais nous avons aussi une résurgence des mouvements islamistes et fascistes dans le monde. Les “Printemps Arabes” signalent l’arrivée de profondes crises politiques. Le chômage est situé entre 10 et 15% de la population. L’extrême-droite fait des scores records par rapport au passé (18-25%)

Face à ce contexte chaotique, l’auteur a des buts avoués et inavoués : tout d’abord un appauvrissement inéluctable et souhaitable de l’Occident.  C’est ensuite l’occasion de faire autre chose : le post-capitalisme (plus écologique et plus égalitaire). Parmi ses objectifs inavoués : être la bonne conscience écologique du Front de Gauche, dont la France Insoumise est l’émanation, avec une alliance entre Ensemble, le PCF, et le Parti de Gauche.

Mais à ses objectifs s’ajoutent des moyens : il s’appuie sur l’Etat et la planification. Il fonde des espérances sur une refondation sociale de l’Europe. Les alternatives sont dans sa ligne de mire : monnaies complémentaires, agriculture paysanne, écologisation de l’économie.

Il y a plusieurs choses à réfléchir à travers ce livre.

 Dans un premier temps, les enjeux écologiques (pic pétrolier, réchauffement climatique, réduction des effets de serres) impliquent, c’est évident, un changement total de civilisation.

De plus, ces enjeux nous indiquent que, comme l’avait prédit Marx, le capitalisme, sous les effets de ses contradictions internes, produit soit son dépassement vers le socialisme suite à une révolution sociale et politique qui a mis la classe ouvrière à la tête de la société, soit la destruction mutuelle des classes antagonistes.

Mais dans un second temps, les Occidentaux ne se pas tous prêts (même la majorité d’entre eux) à revoir à la baisse leurs besoins. Alors qu’une grande partie de la population mondiale vit en dessous du seuil de pauvreté défini selon le niveau de développement économique, une partie de la bourgeoisie autant des pays occidentaux que des pays émergents, aspire à un mode de vie qui n’est pas “durable” à l’échelle de la planète.

Comment, donc, aller non pas vers la fin de l’occident, mais vers un écosocialisme, sans des nationalisations démocratiques par expropriation, dans toutes les entreprises liées à l’énergie, et sans une planification écologique.

Michael Martin un jeune Insoumis de Lyon.

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