1940-2000 : Il y a 60 ans, l’assassinat de Léon Trotsky

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Le 20 août 2000 marque le 60ième anniversaire de l’assassinat de l’internationaliste Léon Trotsky. Né en 1879, Trotsky fut, avec Vladimir Lénine, le dirigeant de la révolution russe en 1917. Il a pris une part décisive dans la défense de la république soviétique, pendant la guerre civile et contre l’intervention militaire d’une coalition de 21 puissances étrangères, dont la France.

L’épuisement de la révolution, dans un pays arriéré, dévasté par des années de guerre et soumis à un blocus économique, a préparé le terrain au développement de la contre-révolution. Au cours des années 20, Trotsky s’est battu contre la dégénérescence bureaucratique du régime et pour défendre les principes du socialisme. Exclu de l’Internationale Communiste, il fut condamné à l’exil, d’abord en Turquie, et puis successivement en France, en Norvège et au Mexique, où, le 20 août 1940, il a finalement été assassiné par un agent de Staline.

Pour commémorer cet anniversaire, La Riposte publie une série d’ouvrages de Trotsky sur le site Internet du journal, dont notamment Où va la France, écrit en 1934 pendant son exil dans ce pays, ainsi queLeur Morale et la Nôtre(1938), et Trois Conceptions de la Révolution Russe, un texte important publié en appendice à son œuvre biographique, Staline, dont l’écriture fut interrompue par sa mort.

Quelques mois avant son assassinat, Trotsky a rédigé le court texte testamentaire que voici :

“Ma haute (et sans cesse montante) pression sanguine trompe mon entourage sur mon réel état de santé. Je suis actif et capable de travailler, mais l’issue est manifestement proche. Ces lignes seront publiées après ma mort.

Je n’ai pas besoin de réfuter une fois de plus ici les stupides et viles calomnies de Staline et de ses agents : il n’y a pas une seule tâche sur mon honneur révolutionnaire. Je ne suis jamais entré, que ce soit directement ou indirectement, dans aucun accord en coulisse, ou même négociation, avec les ennemis de la classe ouvrière. Des milliers d’opposants à Staline sont tombés victimes de semblables fausses accusations. Les nouvelles générations révolutionnaires réhabiliteront leur honneur politique, et agiront avec les bourreaux du Kremlin selon leurs mérites.

“Je remercie chaleureusement les amis qui me sont restés loyaux à travers les heures les plus difficiles de ma vie. Je n’en nommerai aucun en particulier faute de pouvoir les nommer tous. Cependant, je me crois justifié à faire une exception pour ma compagne, Natalia Ivanovna Sedova. En plus du bonheur d’être un combattant pour la cause du socialisme, le destin m’a donné le bonheur d’être son époux. Durant les presque quarante ans de notre vie commune elle est restée une source inépuisable d’amour, de grandeur d’âme et de tendresse. Elle a subi de grandes souffrances, surtout dans la dernière période de notre vie. Mais je trouve quelque réconfort dans le fait qu’elle a connu aussi des jours de bonheur.

Pendant quarante-trois années de ma vie consciente je suis resté un révolutionnaire ; pendant quarante-deux de ces années j’ai lutté sous la bannière du marxisme. Si j’avais à tout recommencer, j’essaierais certes d’éviter telle ou telle erreur, mais le cours général de ma vie resterait inchangé. Je mourrai révolutionnaire prolétarien, marxiste, matérialiste dialectique, et par conséquent un athée irréductible. Ma foi en l’avenir communiste de l’humanité n’est pas moins ardente, bien au contraire elle est plus ferme aujourd’hui qu’elle n’était au temps de ma jeunesse.

Natacha vient juste de venir à la fenêtre de la cour et de l’ouvrir plus largement pour que l’air puisse entrer plus librement dans ma chambre. Je peux voir la large bande d’herbe verte le long du mur, le ciel bleu clair au-dessus du mur et la lumière du soleil partout. La vie est belle. Que les générations futures la nettoient de tout mal, de toute oppression et de toute violence, et en jouissent pleinement.”

La Rédaction

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