L’exploiteur du mois : Dior Decupper (SEITA)

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« Maingaud sort de notre structure, quel que soit le chiffrage ». C’est ainsi que s’exprime Dior Decupper, ex-directrice générale de la Seita (cigarettier français racheté par Imperial Tobacco). Un bon exploiteur sait que les ouvriers, employés ou commerciaux, sont de la marchandise et que tout ce qui les concerne est juste une question de prix… Ses qualités d’exploiteur en chef sont aujourd’hui reconnues par les meilleurs spécialistes en la matière puisqu’elle travaille maintenant pour Philip Morris qui sait aussi s’illustrer pour son humanité.

Sébastien Maingaud est commercial pour l’entreprise depuis 21 ans, en 2013. Il est décrit par son employeur comme un employé modèle, ayant « une parfaite maîtrise des objectifs et des techniques de vente, une véritable relation de confiance avec ses clients …. une volonté sans faille pour aller chercher le résultat qualitatif ». Mais voilà que le courant passe mal avec sa supérieure. Il devient donc nécessaire de l’évincer afin de maintenir la peur et la pression sur les commerciaux. L’employeur cherche la petite bête et il trouve toujours. Il reproche alors à Sébastien d’avoir dérangé le bon déroulement d’une réunion d’équipe et d’avoir joué sur son smartphone. En effet, il était arrivé avec 15 minutes de retard, car il était en démarche commerciale avec un client. Les accusations sont clairement montées de toutes pièces. Les collègues de Sébastien présents à cette réunion attestent que personne n’a eu de comportement perturbateur et, qui plus est, la supérieure en question au moment des faits n’a même pas repris une seule fois Sébastien sur son comportement. La réalité est qu’il ne s’est rien passé de spécial durant cette réunion.

Sébastien a réussi à se procurer des documents internes d’échange de mails sur sa procédure de licenciement entre notre exploiteur, Dior Decupper et le service RH qui prévient la directrice de la procédure frauduleuse : « Je comprends que d’un point de vue opérationnel vous souhaitiez le licencier, mais d’un point de vue juridique le licenciement serait nécessairement injustifié. Sans compter que monsieur Maingaud a 21 ans d’ancienneté et n’a jamais eu de sanction disciplinaire de toute sa carrière. Notre dossier est donc vide ». Ce à quoi notre directrice a répondu cette phrase magnifique : « De toute façon Maingaud sort de notre structure, quelque soit le chiffrage » et nous pouvons espérer que le chiffrage sera très élevé.

La directrice n’ignorait donc pas que l’action était illégale et le licenciement abusif. Mais cela rentrait directement dans ses objectifs. Clairement, elle a été placée à la tête de la Seita pour faire le ménage. Peu de temps avant le licenciement, les membres du CHSCT avaient déjà alerté l’inspection du travail sur les méthodes de la directrice envers ses commerciaux. La direction : « multiplie les évictions de personnel générant de nombreux postes vacants, dans une très grande violence psychologique, tant pour les personnes concernées que pour le personnel restant qui se sent en sursis et sous forte pression (on imagine bien l’atmosphère dans l’entreprise). Actuellement, six procédures de licenciement ont été entamées sur les salariés commerciaux, masquant à demi-mot le souhait de la direction de réduire les effectifs à la veille d’un probable plan social ».

Les commerciaux sont psychologiquement détruits, Sébastien est profondément marqué, mais tout cela n’est qu’une question d’argent. Qu’on ne vienne pas dire qu’il est difficile de licencier en France. Il suffit de trouver une excuse bidon, d’avoir un peu de liquidité, et le tour est joué. Les employés ne sont qu’un chiffre sur une ligne comptable et tant qu’il en sera ainsi, ils ne seront qu’une marchandise corvéable à souhait pour le patronat. En France, il existe encore un Code du Travail, des inspecteurs du travail et même des Prud’hommes, mais lorsque vous êtes licencié, vous restez licencié et vous ne touchez alors que des billets pour le préjudice. Mais on ne prend pas en compte les problèmes familiaux que cela engendre, ni les nuits à ne pas dormir, l’angoisse, le stress, les dépressions et la casse sociologique et psychologique. Sébastien est actuellement en procédure aux Prud’hommes. Nous sommes quasiment persuadés qu’il gagnera (quoiqu’il y a des surprises en ce moment dans cette instance), mais tous les préjudices qu’il a subis injustement ne seront pas compensés par un chiffrage, même élevé.

Fabien Lecomte

CGT, PCF 28

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