PCF : pour un programme de lutte contre l’Union Européenne

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La question de l’Union Européenne est un facteur déterminant dans la conscience politique des peuples du continent. Et pour cause. Cette vaste machine bureaucratique, entièrement sous le contrôle des capitalistes, est tournée tout entière vers la destruction progressive de toutes les conquêtes sociales des travailleurs. Elle veut balayer tout ce qui fait obstacle à la loi du profit. Exercées avec une brutalité de plus en plus flagrante – nous le voyons bien en Grèce ! – les pressions de l’Union Européenne ont un impact néfaste sur vie économique, sociale et politique du continent. Le ressentiment populaire contre les dictats de l’Union Européenne est l’un des plus grands facteurs qui sous-tendent la montée de courants d’opinion et de partis nationalistes que l’on observe dans pratiquement tous les pays membres. Les forces nationalistes sont renforcées par le fait que les partis de gauche se sont montrés impuissants face à l’Union Européenne, quand ils n’y sont pas ouvertement favorables. En France, le Front National exploite le rejet populaire de l’Union Européenne. Par conséquent, pour lutter efficacement contre le danger que représente le Front National, le PCF ne peut pas se permettre la moindre ambigüité sur cette question. Il devrait expliquer son caractère de classe et présenter un programme de lutte contre l’Union Européenne et dans le but d’y mettre fin.

Tous les communistes le savent : les instances dirigeantes de l’Union Européenne et de la Banque Centrale Européenne ne sont nullement neutres ou « indépendantes ». Elles ont été mises en place pour défendre les intérêts des plus grands groupes de la finance, de l’industrie et du commerce. Elles ne sont soumises à aucun contrôle démocratique. L’indifférence totale de ces bureaucrates à l’égard des conséquences sociales de leurs décisions a été amplement détaillée par les représentants du gouvernement Tsipras, qui avait naïvement tenté de « négocier » avec eux. En réalité, il ne s’agissait pas d’une négociation, mais d’une succession d’exigences de la part des « partenaires » aussi implacables que destructrices, assorties de menaces et de chantages. Voilà la réalité de l’Union Européenne. C’est un outil des grands capitalistes qui dominent le continent. Il sert à organiser l’exploitation des ressources humaines et matérielles et à imposer la régression sociale à l’échelle européenne. Son caractère de classe n’est donc plus à démontrer. Tous les aspects de sa politique en témoignent.

La création d’une zone de libre-échange européenne était, au départ, un projet américain. Elle faisait partie du « Plan Marshall » mis en place au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale et qui prônait la création d’un « large marché domestique [européen] sans barrières commerciales internes » et la mise en place « d’une organisation conjointe et d’un effort commun » pour sa réalisation. Ce plan découlait de la stratégie des Etats-Unis dans la « guerre froide » qui l’opposait à l’URSS. La CEE a été créée en 1957 avec le Traité de Rome. Les pays membres étaient la France, l’Allemagne, l’Italie, la Hollande, la Belgique, et le Luxembourg. En 1991, il y avait douze pays dans l’union, dont l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Le Traité de Maastricht a été rédigé. Progressivement, un appareil bureaucratique de plus en plus vaste a été mis en place. Le parlement européen n’a que des pouvoirs vagues et largement incompréhensibles. Les vrais pouvoirs sont entre les mains d’une caste de bureaucrates réactionnaires.

Aujourd’hui, l’Allemagne est clairement la puissance dirigeante et dominante de l’Union Européenne. Derrière la façade de la « coopération », les Etats n’ont pas les mêmes intérêts et s’efforcent d’utiliser l’UE à leurs propres fins. Les plus faibles subissent la loi des plus forts. Si le capitalisme allemand n’obtient pas nécessairement tout ce qu’il veut de la bureaucratie européenne, il faut dire que jamais aucune décision importante ne peut être prise sans son accord ou en contradiction avec ses intérêts. Cette domination constitue, par la force des choses, une atteinte à la souveraineté de pays comme la Grèce, avec seulement 2% du PIB européen, ou le Portugal. Même l’Espagne et l’Italie n’ont aucune prise réelle sur la politique monétaire européenne. Quant à la France, qui est la deuxième puissance continentale, elle n’a jamais eu gain de cause contre l’Allemagne sur une question importante.

Les courbes de tous les indicateurs économiques montrent que l’année 2008 marque un tournant majeur dans l’évolution des économies européennes. La promesse de croissance et de stabilité s’est complètement évaporée. La seule perspective que l’Union Européenne ouvre aux peuples est celle de l’« austérité ». L’Union Européenne engraisse les capitalistes, mais pour les peuples, elle signifie la régression sociale permanente.

L’expérience grecque

Des ennemis puissants se rangeaient contre le gouvernement de Syriza, mis en place en janvier 2015. A l’intérieur du pays, la classe capitaliste grecque, responsable de la ruine du pays, la droite, l’extrême-droite et les « socialistes » du PASOK lui étaient totalement hostiles. A l’extérieur, les gouvernements de toutes les grandes puissances occidentales, le FMI, la BCE, l’Eurogroupe et le Conseil Européen, la majorité du Parlement Européen, tous les grands groupes bancaires et industriels du continent et tous les grands joueurs du « marché mondial » faisaient bloc contre lui. Dans ce contexte, un simple changement de gouvernement ne change pas grand-chose. La réalité du capitalisme européen à notre époque est que les profits des capitalistes ne peuvent être assurés qu’en exerçant une pression permanente sur les travailleurs. C’est ce qui se passe partout en Europe.

L’expérience grecque est très riche en enseignements. Encore faut-il savoir les tirer. Il ne s’agit pas de « donner des leçons » aux Grecs, mais au contraire de savoir apprendre de ce qu’ils ont vécu. La politique initiale de Tsipras se fondait sur la possibilité d’un compromis avec les grandes puissances européennes et avec l’oligarchie grecque. Concrètement, cela signifiait qu’il fallait convaincre l’Union Européenne de permettre la mise en application d’une politique de réformes sociales diamétralement opposées aux intérêts des grandes banques et de la classe capitaliste en général. C’est cette démarche illusoire qui n’a pas longtemps résisté à la réalité. Pour le capitalisme allemand, en particulier, des intérêts absolument vitaux étaient en jeu. Son gouvernement ne permettra aucun infléchissement de la politique monétaire qui compromettrait ces intérêts. Les exportations allemandes ont produit en 2014 un excédant commercial de 217 milliards d’euros. Une réduction du volume de ces exportations menacerait les fondements mêmes de son économie. Une baisse de la valeur de l’euro signifierait une baisse des avoirs internationaux allemands. Il est donc clair que la maîtrise de la politique monétaire européenne est un enjeu crucial pour l’Allemagne. Voilà ce qui explique l’attitude implacable du gouvernement Merkel contre le gouvernement grec. Cette intransigeance était aussi un avertissement à tous les gouvernements de l’Europe. Les intérêts de classe en jeu ont fait que les « négociations » n’ont pas abouti et ne pouvaient pas aboutir.

Face à l’impasse des négociations, le gouvernement grec a décidé d’organiser un référendum qui a rejeté le chantage de l’Union Européenne. Merkel est devenue encore plus exigeante. Sous pression, Tsipras a capitulé. Il s’est engagé à appliquer la politique d’austérité draconienne qui comprend des privatisations portant sur 50 milliards d’euros, une hausse significative de la TVA et d’autres taxes, une très forte réduction des dépenses publiques et sociales, une réforme repoussant l’âge de la retraite à 67 ans, des lois facilitant des licenciements « collectifs », la dénonciation des conventions collectives et la restriction du droit de grève. La nouvelle majorité parlementaire issue des élections du 20 septembre 2015 ont permis de marginaliser l’opposition parlementaire à ce programme. A cette terrible régression sociale s’ajoute une véritable humiliation nationale. La gestion de la politique budgétaire de la Grèce est placée sous le contrôle des puissances étrangères, l’Allemagne en tête. En cas de « dérive », l’Union Européenne menace de provoquer un effondrement total de l’économie grecque. C’est cette menace qui a poussé Tsipras à accepter les dictats de Merkel. Le pays est en train d’être pillé au profit des grands groupes européens. Les grands groupes capitalistes de France et d’Allemagne figurent en bonne place parmi les acquéreurs des industries privatisées. Les « aides » financières récemment accordées à la Grèce ne font qu’augmenter d’autant l’endettement du pays. Dans le carcan et sous les dictats de l’Union Européenne, la situation dans le pays ne peut que s’aggraver.

Les perspectives qui se dessinent pour la Grèce sont chargées de possibilités révolutionnaires, certes, mais aussi contre-révolutionnaires. Les communistes devront suivre l’évolution de la situation très attentivement et se tenir à côté des travailleurs grecs dans leurs luttes présentes et futures. Mais la plus grande solidarité que nous pouvoir offrir au peuple grec est de tirer les enseignements de leur expérience et d’en tenir compte dans l’élaboration d’un programme de lutte contre l’Union Européenne et contre le système capitaliste dont elle est l’instrument.

Jusqu’à présent, la direction du PCF a formulé un certain nombre de propositions pour modifier le fonctionnement de l’Union Européenne, et notamment de la Banque Centrale Européenne. L’expérience grecque et les réalités de l’Union Européenne montrent qu’il ne faut pas en rester là. Au lieu de se placer dans une perspective de réforme, le parti a besoin de s’armer d’une stratégie de lutte contre l’Union Européenne sur la base d’un programme frappant au cœur même des intérêts capitalistes qu’elle représente.

La BCE constitue le socle même de tout l’édifice de la finance capitaliste européenne. Est-il sérieusement concevable de la transformer en un instrument de lutte contre la finance capitaliste ? Et même si on pouvait imaginer une telle réforme, qui la mettrait en application et dans quelles circonstances ? On ne trouve nulle part, ni dans les publications du parti, ni dans les interventions de ses dirigeants, ne serait-ce qu’une tentative sérieuse de répondre à ces questions, qui sont pourtant fondamentales. Si le PCF s’adresse aux travailleurs en disant qu’une « autre » Union Européenne est possible, qu’il souhaiterait une réforme de la BCE pour qu’elle devienne un instrument de progrès social, de la création des emplois, du financement des services publics etc., sans préciser par qui et dans quelles circonstances les mesures proposées pourraient être mises en application, il a peu de chances d’être écouté. Il s’agit dans ce cas de propositions abstraites et passives.

Nous ne sommes nullement contre des propositions de réforme lorsque celles-ci ont un contenu concret et lorsque leur réalisation est à la portée de notre combat. La Sécurité Sociale, le logement social, le SMIC, les 35 heures, les allocations chômage etc. – parmi bien d’autres – étaient toutes des réformes sociales arrachées, comme on le sait, au prix de longues et âpres luttes. Mais tout ne peut pas être réformé. Sous le capitalisme, on ne fera jamais du Pentagone un défenseur de la paix dans le monde et on ne fera jamais du FMI, de l’OMC ou de la BCE des instruments de lutte contre le capitalisme, non plus. Nous n’avons absolument aucune prise possible sur la BCE, pas plus que sur le Conseil Européen ou l’Eurogroupe. Proposer la réforme de la BCE ou du FMI, en donnant l’impression qu’il serait possible d’en faire des instruments de la justice sociale, c’est se perdre dans des chimères. L’Union Européenne est implacable dans son opposition à notre cause. Aussi le PCF devrait être implacable dans son opposition à l’Union Européenne.

A côté de la perspective réformiste sur cette question, il y a celle qui propose la sortie de l’Union Européenne. Cette option n’a rien de « théorique », puisqu’elle s’est posée concrètement pendant le bras-de-fer entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe. A l’époque, la direction du PCF a rappelé, à juste titre, que la sortie de l’Union Européenne ne permettrait pas de se mettre à l’abri des marchés financiers. Mais ceci ne règle pas le problème, puisque rester dans l’Union ne le permet pas non plus. Clairement, toute tentative sérieuse de sortir de l’austérité, menaçant de ce fait les intérêts des capitalistes, rencontrerait une résistance absolument implacable de la part de l’Union Européenne. La lutte contre le capital dans un pays donné et la lutte contre l’Union Européenne se confondent, pour ainsi dire, en une seule lutte. Combattre l’austérité mènerait nécessairement à une rupture avec les pouvoirs, les lois et les traités qui forment l’ossature de l’Union Européenne.

Notre programme

Que seraient les caractéristiques d’un programme communiste pour combattre le capitalisme français et susceptible de porter, par la même occasion, un coup dévastateur aux projets néfastes de l’Union Européenne ? Cette question nous plonge au cœur des batailles idéologiques et programmatiques qui ont marqué toute l’histoire du mouvement ouvrier français (et international) depuis ses origines : politique réformiste ou politique révolutionnaire ?

Le réformisme soutient qu’il est possible de résoudre les problèmes créés par le capitalisme dans le cadre de ce même système. Concrètement, les réformistes qui se trouvent au gouvernement sont contraints de choisir entre les « réalités » du capitalisme et leurs projets de réforme. Ainsi, nous nous retrouvons non seulement avec des « réformistes sans réformes », mais avec des « réformistes » qui appliquent un programme de contre-réformes dans l’intérêt des capitalistes, comme avec les Hollande, Valls, Macron, etc. L’impasse du capitalisme signifie que le réformisme est, lui aussi, dans une impasse.

Une politique révolutionnaire ne nie aucunement la nécessité de lutter pied à pied pour défendre et si possible étendre les conquêtes sociales du passé. Les communistes sont pleinement impliqués dans les luttes concrètes pour la défense de l’emploi, pour augmenter les salaires, pour résister à la précarité sous toutes ses formes, pour défendre les services publics, pour combattre le racisme et l’inégalité entre les sexes, contre toutes les discriminations, pour des conditions de logement, d’éducation et de santé meilleures. Tous ces combats sont absolument indispensables et constituent, pour ainsi dire, le « quotidien » de l’action syndicaliste et communiste dans tous les domaines. Cependant, le programme et la stratégie du PCF ne peut pas se limiter à des revendications se rapportant à cette lutte quotidienne qui est, par la force des choses, essentiellement défensive. Le parti lutte dans le présent mais doit en même temps ouvrir la perspective d’un véritable changement de société à l’avenir, en indiquant aussi clairement que possible par quels chemins et dans quelles conditions ce changement pourrait se réaliser.

A partir de l’expérience concrète des très nombreuses luttes qui ont eu lieu au cours de la dernière période, il n’est pas difficile de comprendre que tant que celles-ci demeurent isolées, partielles et épisodiques, elles ne peuvent être que d’une efficacité limitée dans la défense des intérêts des travailleurs. Très souvent, des grèves et des mouvements de protestation se soldent par des défaites. Même la lutte contre la réforme des retraites en 2010 n’a pas empêché le passage de la « réforme » de Sarkozy, malgré les manifestations massives et les grèves. Bien évidemment, ceci ne veut pas dire que des luttes, même isolées, ne peuvent jamais donner des résultats positifs. Nous connaissons tous de nombreux exemples de luttes réussies. Cependant, la régression sociale se poursuit dans tous les domaines. Les acquis d’un jour sont menacés et minés par les capitalistes et leurs agents gouvernementaux. On s’attaque de nouveau aux retraites. On s’attaque aux 35 heures, au salaire minimum, au Code du Travail, aux droits syndicaux, à la santé et la sécurité sociale, à l’Education Nationale. Entre 5 et 6 millions de personnes sont au chômage et le chiffre s’aggrave de mois en mois. La société est refoulée en arrière.

Cette situation rappelle la citation bien connue de Warren Buffet : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ! » Du point de vue de notre classe, elle souligne la nécessité impérieuse d’unir les travailleurs autour d’un programme pour en finir avec le capitalisme. D’où l’importance cruciale du programme du PCF, qui ne doit pas se limiter à des revendications immédiates et partielles, mais relier celles-ci à des mesures qui s’attaquent à la source du pouvoir des capitalistes, à savoir la propriété privée des banques et des grands groupes de l’industrie et du commerce. En finir avec l’austérité, avec l’injustice sociale, l’exploitation et le chômage de masse est inconcevable tant que les capitalistes conservent leur pouvoir économique.

La revendication de nationalisations a été coupée du programme du PCF sous la direction de Robert Hue dans les années 90. Elle n’a été que très partiellement et vaguement réintroduite depuis. On voit parfois des allusions à la nationalisation « de banques », sans préciser lesquelles et sans expliquer pourquoi les autres seraient laissées aux capitalistes. Le parti devrait sortir de cette ambigüité en incorporant dans son programme la nationalisation de l’ensemble du secteur bancaire et financier, des organismes de crédit et des assurances. Il faudrait aussi préciser que cette nationalisation ne doit pas se faire comme celles du passé, qui ont maintenu les anciennes structures bancaires et les méthodes de gestion capitalistes. Il faut soumettre le secteur bancaire à un contrôle public et démocratique. La prise de contrôle public de l’ensemble du secteur financier ouvrirait la voie à l’utilisation des ressources financières nationales dans l’intérêt de la population et porterait par la même occasion un coup dévastateur à tout l’édifice financier de l’Union Européenne.

De la même façon, dans sa propagande et dans son action militante, le parti devrait expliquer la nécessité de nationaliser toutes les entreprises capitalistes géantes qui dominent l’économie – et donc la société tout entière. En rapport avec les luttes, c’est une approche qui serait comprise par beaucoup de travailleurs. Dans le conflit chez Air France, où les médias, le gouvernement, les médias et la justice ont focalisé l’attention du public sur une chemise déchirée (!), nous aurions dû mener campagne pour la renationalisation d’Air France (sans indemnisation des grands actionnaires) pour se débarrasser du vandalisme industriel de ses dirigeants actuels – avec ou sans chemise – et pour que l’entreprise ne soit plus gérée dans l’intérêt des actionnaires.

Cette même lacune dans notre approche était évidente lors de la lutte des salariés d’Arcelor Mittal en 2012-2013. Le conflit a été déclenché par la décision de Lakshmi Mittal de démanteler le site de Florange. Les travailleurs luttaient pour défendre l’outil productif et éviter la suppression massive d’emplois. La direction du PCF a réclamé une réunion de tous les acteurs impliqués – dont Mittal, bien évidemment – afin de « dégager un prêt à très bas taux d’intérêt de 600 millions d’euros » pour réaliser les investissements nécessaires. Nous pensons que plutôt que de réclamer de nouvelles sources de financement pour Mittal, qui était déjà lourdement subventionné par l’Etat, le parti aurait mieux fait de réclamer la nationalisation de l’industrie, sous le contrôle démocratique des salariés et des pouvoirs publics.

La réinscription de l’expropriation des capitalistes dans le programme du PCF donnerait beaucoup plus de force et de cohérence à l’ensemble de sa plate-forme revendicative. Lorsque nous présentons nos revendications sur les salaires, sur la semaine de travail, sur les droits des salariés, pour le droit de véto des organisations syndicales relatif aux restructurations et des licenciements, les salariés nous répondent souvent qu’il suffirait d’appliquer ne serait-ce que le quart de ce programme pour que les employeurs mettent la clé sous la porte ! Quelle est notre réponse à cet argument ? Quel capitaliste, après tout, va investir dans une entreprise où ses décisions pourront être annulées par les salariés et où ses marges de profit seront massivement réduites par des augmentations de salaires et des réductions d’horaires ? Porter atteinte au profit, c’est s’exposer aux représailles, menaces de licenciements, de délocalisation et de cessation d’activité. Il faut pouvoir désarmer le capitaliste. C’est pourquoi il faut compléter le programme revendicatif du PCF en y réintégrant la nationalisation démocratique des moyens de production et du secteur financier. La réalisation de ce programme porterait un coup fatal au capitalisme en France, et ouvrirait la voie, à plus long terme, au renversement du capitalisme à l’échelle continentale.

Greg Oxley

PCF Paris

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Un commentaire

  1. Je suis d’accord avec toi sur l’analyse du programme du parti , revenons aux fondamentaux c’est à dire tout simplement au marxisme, mais ça le PCF n’en veut plus et les économistes du parti n’en veulent pas non plus.

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