Le gouvernement est en guerre contre l’hôpital public

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La politique d’austérité du gouvernement frappe le système de santé de plein fouet. Depuis de nombreuses années, tous les secteurs du service public ont été victimes de restrictions budgétaires. Mais le gouvernement estime qu’il faut les étrangler davantage. En 2016, les budgets seront réduits encore. A Paris, plusieurs fusions ou « groupements hospitaliers » sont en voie de réalisation, ce qui se traduira, concrètement, par la fermeture de plusieurs hôpitaux. Les établissements les plus immédiatement concernés par ce projet sont Albert Chenevier, Saint Antoine, l’Hôtel Dieu, Fernand Widal, Charles Richet, ainsi que les hôpitaux Bichat et Beaujon, ou encore la maternité des Lilas. Le secteur psychiatrique est aussi en pleine restructuration, au détriment des conditions d’accueil des malades. Les militants du PCF sont en lutte contre cette politique désastreuse. Ils exigent le remboursement des soins à 100% par la Sécurité Sociale, le retrait du plan d’économies de trois milliards d’euros et le développement d’un service public de la santé qui répond pleinement aux besoins de la population. Concernant la psychiatrie, ils dénoncent le penchant sécuritaire de la loi de 2011 relative à ce secteur.

Un tract massivement diffusé par les communistes détaille la menace qui plane sur les hôpitaux de proximité comme Bichat, Lariboisière et Saint Louis. On va vers de véritables « hôpitaux-usines » avec une nette réduction de la qualité des soins et des conditions d’accueil des citoyens. Plus le service public est appauvri, et plus les grands groupes privés du secteur s’installent. La santé publique ne devrait pas être une source de profit capitaliste et notre santé n’est pas à vendre !

Le PCF attire l’attention de la population sur quelques statistiques parlantes. Par exemple, l’espérance de vie dans le très chic 16e arrondissement est de 83 ans. Dans le 10e, un arrondissement « populaire », l’espérance de vie n’est que de 76 ans ! De telles disparités ne peuvent que s’accentuer avec la destruction du service public de la santé qui est en cours. Ensuite, si nous prenons le nombre de médecins généralistes au service de la population dans les différents arrondissements, on constate qu’il y a, en moyenne, 2,02 médecins pour 1000 habitants pour l’ensemble de Paris, mais seulement 1,12 médecins pour 1000 habitants dans les arrondissements « populaires » que sont les 10e, 18e, 19e et 20e. Les conditions de travail, les bas salaires, les conditions de logement, la qualité de l’alimentation, l’exposition à la pollution et d’autres facteurs pèsent négativement sur la santé des habitants des quartiers défavorisés. L’écart se creuse entre les plus riches et les autres, dans le domaine de la santé comme dans bien d’autres.

Les communistes, en concertation avec les organisations syndicales combatives dans le secteur, vont poursuivre leurs efforts pour mobiliser la population contre cette régression. Trop de Parisiens ne semblent pas se rendre compte, pour le moment, de l’ampleur de la dégradation des services, ni de la disparition des hôpitaux de proximité. A terme, si les projets actuels sont menés jusqu’au bout, il ne restera plus que trois immenses « pôles » hospitaliers pour toute la population de la capitale, au lieu des 33 hôpitaux de l’AP-HP actuellement. Dans la région parisienne, selon les estimations de la CGT, le déficit des personnels hospitaliers s’élève à 20 000 emplois. Et pourtant, le gouvernement ne cesse de supprimer des postes de travail. 22 000 emplois seront supprimés sur trois ans, selon le plan du gouvernement.

Cette politique néfaste doit être combattue. Les ministres qui prennent de telles décisions, de même que tous les « grands » de ce monde qui veulent imposer « l’austérité » aux autres, ne sont pas concernés par la dégradation des services. Ils ont les moyens de payer. La santé des autres n’est pas leur problème. On sait que 30 % de la population renonce à des soins pour des raisons financières.

G.O.
PCF Paris 10

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