Les communistes de Paris se battent pour l’hôpital Bichat

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Depuis maintenant plus de deux ans, militants et élus communistes se mobilisent avec un grand nombre d’habitants, tout particulièrement dans le 18ème arrondissement, pour endiguer les projets technocratiques menaçant l’avenir de la santé des Parisiens au travers du devenir de ses hôpitaux. En effet, les hôpitaux de Bichat (Paris 18ème), Beaujon (Clichy) et Lariboisière (Paris 10ème jouxtant le 18ème arrondissement) font l’objet d’un projet de restructuration visant notamment à les vider d’une partie importante de leurs contenus d’activités soignantes pour former ensuite un gigantesque hôpital, hors de paris, l’« Hôpital Nord du Grand Paris » cher à Hollande, et cela à une échéance de 10 ans. En attendant, ce qui est engagé c’est bien l’aggravation des difficultés d’offre de soins en secteur 1, dans cette partie de Paris et du nord francilien marquée par les inégalités sociales.

Un collectif s’est ainsi constitué pour soutenir les trois hôpitaux de Bichat, Beaujon et Lariboisière, après que des mobilisations aient pu endiguer de manière relative les projets antérieurs de fermetures aux Lilas, à Montreuil, à l’Hôtel-Dieu ou à Mondor.

Ce collectif implique maintenant, directement, via bien des rencontres et réunions, des patients ou anciens patients, des personnels et des syndicalistes de ces établissements de santé, ainsi que de nombreux habitants se sentant à juste titre concernés. Ni la récente rencontre du 5 février 2015 avec Martin Hirsch, Directeur Général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) des élus du 18ème arrondissement portée par le Parti Communiste, ni la réunion publique du 15 avril 2015 avec les responsables du projet et les élus du 18e, n’ont apporté la moindre avancée concernant la prise en compte des besoins de santé des usagers et des attentes de concertation démocratique, relayées pourtant par des « représentants du peuple ».

La participation en « trompe-l’œil », les réponses expertes dilatoires et la rouerie institutionnelle président à la maîtrise d’ouvrage de ce projet porté par le sieur Martin Hirsch, en lien avec l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France et le Ministère de la santé d’un gouvernement qui n’a rien de socialiste et masque son renoncement indéfini sous une apparente vertu « réaliste ».

Les Parisiens doivent se lever, avec les communistes et élus de Paris encore lucides, à la veille des supposés grands chantiers participatifs et citoyens de la mairie de Paris dans le domaine de la santé, pour mettre un terme à la production de ce qui est bien une offre de soins grégaires. En effet, ce n’est pas sans raison qu’un habitant rencontré par un militant PCF au marché Dejean a comparé le projet de grand hôpital avec ses 100 000 urgences par an à la ferme des 10 000 vaches laitières, créée dans la Somme fin 2014.

La santé du peuple parisien exige de Martin Hirsch et du ministère qu’ils renoncent à leurs projets technocratiques, tels que la création d’un monstre sanitaire bureaucratique incompatible avec un accès réel aux soins, celui-ci ne pouvant se faire que dans la proximité. Martin Hirsch se fait l’auxiliaire à la calculette de l’Etat au service du marché. Le concept d’ « hôpitaux connectés et organisateurs de soins en vue d’une médecine individualisée » soi-disant pour tous, signifie surtout l’éviction des plus fragiles et des économies tous azimuts.

Lariboisière risque de voir son activité maternité « redimensionnée » et celle de la gériatrie « délocalisée», au risque de rendre plus difficile physiquement l’accès aux soins et accélérant la fin de vie des personnes âgées jusque-là simplement malades. C’est à l’opposé de la qualité de soins de proximité réclamée par les habitants et la multiplication des lieux d’expertises médicales privés « hors les murs hospitaliers » (centres et maisons de santé, laboratoires d’analyses et de mesure…), à des fins de rentabilité (tarification à l’activité) supposés mieux répondre aux besoins de la population, réservant les soins non rentables au regroupement hospitalier.

Il s’agit en fait de maximiser le taux d’utilisation des capacités productives sanitaires dans une logique de profit maximum, prenant le contrepied de la satisfaction des besoins sociaux qui sont la raison d’être de ces capacités. La mobilisation accrue de tous les communistes devrait permettre de défendre auprès des citoyens un programme de santé à 100% public, sous le contrôle démocratique des salariés et des usagers.

Olivier T.

PCF Paris 18

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