Points clés de notre programme : Les banques

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L a Riposte défend un programme de nationalisation des secteurs clés de l’économie.

Cela implique nécessairement la nationalisation du secteur bancaire, dont le rôle est aujourd’hui primordial pour l’activité productive, puisque le rôle principal de celui-ci est de conférer aux entreprises les ressources financières leur permettant d’engager le processus productif. Nous le voyons particulièrement aujourd’hui, dans une période de crise généralisée dans les pays occidentaux, les banques aux mains des capitalistes ne jouent plus ce rôle, où plutôt elles ne le jouent que dans la limite des intérêts de ses actionnaires, qui est la rentabilité maximale des fonds qu’ils engagent. Au sein du mode de production capitaliste, les banques jouent deux rôles : établissement de crédit et banque d’investissement sur les marchés financiers. De cette manière, les banques ont une action directe sur la quasi totalité des flux financiers circulant au sein de l’économie.

Il faut savoir que la majeure partie des fonds que les banques consentent à prêter ne leur appartient même pas, puisque les banques de  crédits, se finançant massivement auprès des banques centrales, ne jouent qu’un rôle d’intermédiaire, mais sans oublier de prendre leur part du gâteau. L’exemple du secteur bancaire illustre donc particulièrement bien le rôle parasitaire des capitalistes dans l’économie. Ils prélèvent, d’un coté sur le producteur et de l’autre sur le consommateur, de manière à satisfaire le plus généreusement possible les intérêts égoïstes de leurs propriétaires.

Malgré le fait qu’elles ne créent absolument aucune richesse, les banques sont aujourd’hui plus que jamais au cœur du système : il n’y a pas de changement de société possible sans arracher des mains capitalistes le monopole bancaire. Une planification de la production nécessite le contrôle des principaux flux financiers pour qu’ils soient dirigés dans l’intérêt de la majorité.

La Riposte défend donc la nationalisation de l’ensemble du secteur bancaire (banques, assurances, organismes de crédit), sans indemnisation de ses grands actionnaires, et son fonctionnement placé sous le contrôle démocratique des travailleurs. Il s’agit là d’une revendication indispensable à la réalisation d’une économie planifiée. Ce secteur bancaire nationalisé doit assurer une fonction cruciale, puisqu’il doit permettre la coordination des différents plans de production. Seul un établissement public, travaillant pour l’intérêt général sous le contrôle et la direction des travailleurs, est capable de remplir cette mission. C’est là une étape importante pour arracher les travailleurs à l’oppression exercée par les capitalistes.

Bien que les mots utilisés soient d’une très grande clarté, il convient tout de même de préciser notre position par rapport aux différents modes de contrôle public sur les institutions bancaires qui ont été tentés ou imaginés dans les programmes des organisations de gauche. Il est en effet utopique de penser que les capitalistes se laisseraient dicter leurs choix d’investissement, quand bien même cela serait dans « l’intérêt public ». Leur seule réaction envisageable serait de retirer leurs billes pour les mettre ailleurs, là où ils pourront choisir le rendement de leurs capitaux. Il ne faut jamais oublier que, quelque soit le niveau de contrôle de la force publique sur ses activités, un individu placé dans le contexte du marché capitaliste agira toujours dans son intérêt égoïste. Il ne s’agit pas non plus d’une nationalisation partielle ou de la création d’un « pôle public bancaire » qui serait en concurrence avec des banques capitalistes. Le rôle de ces nationalisations doit être de changer radicalement le rapport de force entre les intérêts publics et les intérêts privés, sinon les entreprises publiques resteraient soumises aux lois de la concurrence et seraient donc dirigées comme des entreprises capitalistes comme l’a prouvé l’expérience des nationalisations menées par Mitterrand en 1981-83.

Le capitalisme a, depuis qu’il s’est imposé en système dominant, développé de manière considérable les capacités productives des pays dans lequel il s’est implanté. L’époque que nous vivons voit les antagonismes de classe s’accentuer et la nécessité d’en finir avec le mode de production capitaliste afin d’éviter la régression sociale généralisée qui constitue son seul horizon. Il est inconcevable de vouloir tenter de changer radicalement les rapports entre les acteurs économiques sans avoir fermement la main sur les circuits économiques.

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