Elections départementales : la politique du PS favorise la droite

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Le premier tour des élections cantonales a été, comme prévu, un vote sanction contre le gouvernement socialiste.

La politique du Parti Socialiste au gouvernement, axée sur la défense des intérêts capitalistes fait que des cantons de nombreuses places fortes du PS sont tombés. Les candidats socialistes ont été évincés du second tour dans beaucoup de cantons, au profit de la droite et l’extrême droite.

Le Front de Gauche aurait pu profiter largement du recul des socialistes, mais ce n’est pas le cas.

La politique réformiste de la direction du PCF ne permet pas au parti de convaincre les travailleurs et la jeunesse qu’il représente une véritable alternative au capitalisme, ni même de se distinguer nettement du Parti Socialiste. Les alliances conclues entre le PCF et le PS – comme aux dernières élections municipales – incitent bien des travailleurs mettent les deux partis dans le même panier. Une partie importante de l’électorat de gauche s’est abstenue d’aller voter. Au PCF, la question se pose de l’attitude à adopter aux élections dans le cas où l’UMP et le FN se confrontent au second tour.

Ceux qui ont voté pour le Front de Gauche au premier tour seront tentés de faire barrage à la droite et à l’extrême droite en votant pour le PS. C’est une attitude compréhensible. Localement, il n’est pas impossible de trouver de « bons » élus socialistes qui s’efforcent de défendre les intérêts des travailleurs. Cependant, la politique gouvernementale des socialistes ne laisse aucun doute sur la politique capitaliste et réactionnaire du Parti Socialiste. La loi Macron – adoptée par un passage en force – en est un exemple récent. Comme la droite, le PS s’attaque à tous nos acquis sociaux. Le PS s’attaque aux Prud’hommes, aux retraites, aux restrictions sur le travail du dimanche. Il augmente, comme la droite, les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et facilite le licenciement des travailleurs. Le PS courbe le dos devant le diktat rétrograde de la Bourse, du MEDEF et de l’Union Européenne. Manifestement, même si les électeurs de gauche ne voient pas d’autre solution pour bloquer la droite que de voter PS,  celui-ci n’est certainement pas un « barrage » à la régression sociale.

La politique du PS favorise la progression du Front National.

Le chômage de masse pousse des millions de personnes dans le désespoir. Tandis que les capitalistes ne cessent d’accumuler des richesses, ce sont les travailleurs et les classes moyennes qui subissent les conséquences de la crise. La colère contre « le système » montre que les politiques de droite comme de « gauche » sont complètement discréditées. Le Front National profite de cette situation. Il se présente comme un parti « anti-système », mais en réalité il est le plus grand défenseur du capitalisme. Si le FN désigne les « immigrés », les chômeurs et autres « assistés » comme les responsables de la crise, c’est justement pour détourner l’attention des travailleurs des les véritables responsables de la régression sociale, à savoir les capitalistes. Quand les travailleurs en veulent à leurs voisins pour des différences de couleur, de culture ou de religion, ils ne voient pas les véritables causes de leurs problèmes.

L’appel à un « Front Républicain » contre le Front National est irrecevable. L’idée, c’est que l’UMP serait plus « républicain » que le FN. Cependant, le programme de l’UMP n’est pas très différent de celui du Front National.  La droite a souvent, et depuis longtemps, formé des alliances avec le Front National. Rappelons qu’en 1983, le RPR – prédécesseur de l’UMP – avait fusionné avec le FN afin de conquérir la commune de Dreux, et que c’est grâce à cette alliance le FN a participé à la gestion d’une commune pour la première fois. Toujours dans les années 80, un accord de désistement réciproque fut signé entre le RPR et le FN dans les régions du Var et des Bouches du Rhône. Plus récemment, le gouvernement de Sarkozy a mené une politique socialement rétrograde et raciste, largement inspirée de celle du Front National. On se souvient, par exemple, du traitement des Roms et des sans-papiers. Le FN se sert du racisme pour diviser les travailleurs. L’UMP aussi. Les communistes ne doivent en aucun cas appeler à voter pour l’UMP ou pour d’autres formations de droite. Ce serait une grave erreur qui ne ferait qu’apporter du crédit au discours du FN.

La lutte contre le racisme et le nationalisme est liée à la question de la crise économique.

Le PCF ne peut pas se contenter de dire « non au racisme ». Il doit présenter un programme qui s’attaque aux causes profondes de la crise. Nous avons besoin d’un parti qui explique clairement aux travailleurs que pour sortir de la crise, il est nécessaire d’en finir avec le capitalisme – c’est-à-dire de prendre possession des banques ainsi que de toutes les grandes entreprises, avec toutes leurs ressources productives et financières. Nous, les communistes, ne pouvons pas nous limiter à nous plaindre de la spéculation boursière. Nous voulons supprimer la Bourse, libérer l’économie et les travailleurs de l’emprise des capitalistes. Les richesses colossales – et les moyens de produire de nouvelles richesses – qui sont actuellement sous le contrôle des capitalistes doivent être transformés en propriété publique.

Avec les moyens de production sous leur propre contrôle et direction, les travailleurs pourront exercer leur pouvoir pour les tourner vers la satisfaction de leurs propres besoins. Ils ne dépendront plus des capitalistes. Dans cette nouvelle société, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui auront le pouvoir de décider des priorités. Nous pourrons enfin construire des hôpitaux, des écoles, des crèches, des bibliothèques, des logements spacieux et de bonne qualité, des quartiers propres et correctement équipés. En finir avec le capitalisme, c’est se donner les moyens d’une existence et des perspectives dignes des travailleurs que nous sommes.

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