Accepter le capitalisme, c’est accepter la régression sociale – Edito du N°75

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Jusqu’où ira la régression sociale ? Jusqu’où ira le chômage ?

Pôle Emploi recense plus de 3,5 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. Les chômeurs qui ont travaillé quelques jours ou une semaine dans la période du pointage et la masse des chômeurs qui – n’ayant pas droit aux allocations – ne se sont pas inscrits, porte le chiffre global des sans-emploi vers les 6 millions. Tout le monde, que ce soit avec ou sans emploi, est touché par le déclin social et économique du pays, avec l’effondrement de son appareil industriel et commercial, la dégradation constante des conditions de travail. Les salaires sont trop bas et les prix augmentent. La pauvreté se généralise. Tout le monde est sous pression.

Tout le monde, oui, sauf les capitalistes ! Les banques et les grands groupes augmentent les dividendes versés aux actionnaires. C’est que les délocalisations, restructurations, licenciements et fermetures qui sèment la ruine parmi les travailleurs et bloquent l’avenir de la jeunesse font du bien aux capitalistes. Cela permet d’augmenter leurs marges de bénéfices. Quand une entreprise annonce des suppressions d’emploi ou l’abandon d’une activité jugée trop coûteuse, c’est la joie dans cette classe de parasites qui vit de l’exploitation du monde du travail. Le capitalisme est devenu incompatible avec les besoins les plus élémentaires de la société. Les intérêts capitalistes se dressent comme un mur infranchissable contre toute possibilité d’avancement social pour la vaste majorité de la population. Pire encore, au nom de ces intérêts, les capitalistes sont en train de détruire tout ce qui, dans le passé et malgré les ravages du capitalisme, tendait à atténuer les souffrances des travailleurs. Toute l’œuvre du gouvernement Hollande montre à quel point les « socialistes »,  de nos jours, sont prêts à accompagner et soutenir les capitalistes dans ce travail d’agression et de provocation. Hollande, Valls et Macron sont sourds aux protestations. Ils n’écoutent que le MEDEF et les acteurs des marchés financiers. Assurément, Jean Jaurès se retournerait dans sa tombe s’il pouvait voir dans quelles profondeurs de corruption politique ils ont trainé le « socialisme » !

A notre époque, accepter le capitalisme, c’est accepter la régression sociale. C’est ce que les apôtres du « réformisme »  ne veulent pas comprendre. La société contemporaine est contenue, refoulée, étouffée par un ordre social et un mode de production décadents. Pour avancer, elle doit s’en émanciper. C’est le sens de notre lutte pour le communisme. Notre programme, ce que nous voulons faire comprendre à tous les travailleurs, c’est que par la nationalisation – ou socialisation – des banques, pour en faire une seule banque centrale nationale au service de l’économie, par la nationalisation de tous les grands groupes capitalistes qui dominent les différents secteurs de l’économie, sans indemnisation des grands actionnaires, il sera possible d’en finir avec le capitalisme et de placer la conduite du pays sous le contrôle collectif et démocratique des travailleurs eux-mêmes. Les gigantesques ressources financières et matérielles qui sont aujourd’hui sous le contrôle égoïste d’une petite classe capitaliste pourront ainsi être mobilisées pour la satisfaction des besoins de la société.

Jusqu’où ira la régression sociale ? Elle se poursuivra et s’aggravera, jusqu’au moment où les travailleurs de ce pays décideront qu’ils en ont assez et passeront massivement à l’action pour exproprier les capitalistes.

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