Edito du Journal N°74

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Le Front National est un danger pour le mouvement ouvrier, pour la démocratie. Le poison raciste dresse les travailleurs les uns contre les autres. Il profite de l’incapacité des gouvernements successifs à résoudre les problèmes qui pèsent sur le monde du travail. Son assise sociale – qui apparaît de plus en plus solide – traduit un malaise social profond. Sur le plan électoral, malgré le tapage médiatique à ce sujet, l’étude des scrutins depuis 2002 ne semble pas indiquer une progression très importante en nombre de voix du Front National. On peut penser que ce n’est pas le Front National qui progresse, mais ses concurrents qui, frappés par la « grève du vote », reculent.

Quoi qu’il en soit, l’expérience désastreuse du gouvernement « socialiste » a grandement favorisé le Front National. Un boulevard s’ouvre désormais devant lui – un boulevard qui mène aux portes du pouvoir ! Plusieurs sondages et études placent Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 – et gagnante au deuxième tour face à François Hollande !
Après plus de deux ans pendant lesquels Hollande affirmait l’imminence d’une reprise économique, Valls et Macron tiennent un tout autre discours : il faudrait selon eux « au moins dix ans » pour sortir de la crise. Dix ans ! Imaginez un instant l’accumulation de souffrances que signifient encore dix ans de déclin économique, de chômage massif et de régression sociale !

Que restera-t-il de l’industrie ?

Que restera-t-il des retraites ?

Que deviendra la jeunesse des quartiers ?

Que restera-t-il des conquêtes sociales des générations précédentes ?

Nous pensons, quant à nous, que même la promesse d’un redressement en dix ans ne repose sur aucun élément tangible. Cela signifie, en substance, que sur la base du capitalisme aucune amélioration n’est en vue.
Ceci est d’autant plus vrai que, à notre époque, la « croissance économique » – une augmentation du PIB, en somme – ne se traduit pas par une augmentation du niveau de vie de la population. D’après les capitalistes eux-mêmes, c’est l’inverse qui est vrai. Ils expliquent que la relance économique n’est possible que si les travailleurs se serrent la ceinture. Du point de vue des capitalistes, ce qui freine la croissance, c’est l’existence du SMIC, des 35 heures, de la sécurité sociale, des allocations chômage, des retraites, du Code du Travail et des droits syndicaux – dont le droit de grève !
Ces « socialistes », comme Hollande, Valls et Macron, pourquoi ont-ils voulu remplacer le gouvernement de Sarkozy ? Ils ont appliqué la même politique. Le « changement maintenant » était un changement pour eux-mêmes, motivés comme ils sont par la soif du pouvoir, de l’argent, du prestige. Ce sont les capitalistes et leur système inique qui sont responsables de la crise. Mais les ministres « socialistes » sont de mèche avec les capitalistes. Tous les travailleurs le voient. Voilà qui fait le lit, entre autres, du Front National.
Nous devons construire une force capable de vaincre le Front National, dans les urnes, et surtout sur le terrain. Cela veut dire enraciner davantage les organisations syndicales comme la CGT, renforcer le PCF et la Jeunesse Communiste. La direction du PCF a présenté le projet d’un « rassemblement large », autour du parti. Mais aligner des « progressistes » sur des listes électorales n’aboutira à rien sans un changement radical dans le programme que le PCF présente en son propre nom. Nous devons expliquer aux travailleurs que s’ils veulent se libérer de l’exploitation, du chômage et de l’injustice sociale, cela passe par une lutte pour briser le pouvoir des capitalistes. Si nous laissons les banques, l’industrie et le commerce entre leurs mains, ils seront toujours plus forts que nous. Il faut convaincre les travailleurs de la nécessité d’exproprier les capitalistes, et de placer les ressources économiques du pays sous le contrôle démocratique et la direction des travailleurs eux-mêmes.

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2 commentaires

  1. le rôle des communistes est bien de toujours recentrer le débat sur le plus important: la division de la société en classe dont une exploite l’autre!
    Fraternellement
    ROCH

  2. C’est vrai que le PS fait la même politique que Sarkozy, c’est ce qui met le FN en pointe dans la course à l’Élysée
    mais à qui la faute, certainement pas aux abstentionnistes mais bien aux PS et à l’UMP.
    il FAUDRAIT QUE LE pc se réveille aussi et appelle à sortir de l’euro de cette Europe capitaliste et de l’OTAN.

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