« Là-bas si j’y suis », interdit d’antenne !

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Ça y est, ils l’ont eu ! Cela faisait des années que sa tête était mise à prix et enfin ils l’ont eue ! Certains pouvaient encore avoir l’audace de penser vivre dans une démocratie où la pluralité des idées subsistait encore dans les médias. C’est confirmé, maintenant, c’est terminé !

Tel le chasseur exterminant le dernier bison d’Amérique, Mme Laurence Bloch -nouvelle Directrice de France Inter nommée par François Hollande – peut être fière d’avoir évincé ce mastodonte ; grâce à elle, la dernière émission proche du mouvement communiste est maintenant bien morte.

Daniel Mermet : une autre voix !

Depuis 1989, Daniel Mermet, avec son émission « Là-bas si j’y suis », agissait à la façon d’un taon sur le dos d’un cheval, réveillant l’auditeur de France Inter par une émission engagée et coercitive. Rappelant sans cesse à l’auditeur de la station qu’il existait autre chose que la bonne parole quotidienne des médias officiels servie à longueur de journée, il était le seul phare dans la nuit pour de nombreux salariés et intellectuels.

France Inter, radio de service public, assume alors complètement son virage à droite déjà bien engagé par son ancien Directeur, Philippe Val, ex gauchiste devenu ultralibéral, désigné lui par Sarkozy, et prostitue sa ligne éditoriale à la bourgeoisie. Il faut lisser la chaîne pour que plus une tête ne dépasse. Mermet faisait tache d’huile et ceci depuis trop longtemps. Il avait déjà subi de nombreux assauts ; d’abord retiré d’une heure de grande écoute : passant du créneau 17h-18h (heure de retour du travail) à celui de 15h-16h. Malgré tout, l’émission continuait de toucher 450 000 auditeurs.

Insupportable pour la petite bourgeoisie qui tient les rênes de France Inter et lui supprime alors le vendredi, sans raison valable, juste pour le plaisir. Pour finir, ils terminent de l’achever en éliminant complètement l’émission.

Une émission de radio au cœur des luttes

Qui ne connaît pas « Là bas si j’y suis » ? Daniel Mermet présentait une émission quotidienne de voyage, d’enquête et de grands reportages. La ligne éditoriale était alors clairement engagée. Aucune émission ne pouvait laisser un doute sur son engagement politique. Il a rencontré de nombreux travailleurs en lutte : des « Continental », aux travailleuses de La Redoute. Il a lutté contre le Front National, aidé les rescapés d’un goulag nord Coréen, interviewé un ancien médecin Nazi et participé ainsi à sa mise en accusation. Mais il a couvert aussi des événements comme le Rwanda et la guerre de Bosnie où il fût blessé. L’émission était d’une telle qualité qu’en 1992, elle a reçu le prix « Ondas », puis le prix de la Société civile des Auteurs Multimédia (SCAM) en 1993 et celui du Conseil français de l’audiovisuel en 1998. Daniel Mermet se verra même récompensé du Grand Prixde la SCAM en 2013pour l’ensemble de son œuvre.

Que l’on soit pour ou contre son engagement, la qualité et l’intérêt public de son émission n’étaient plus à prouver.
Nous sommes maintenant tous des orphelins. Nous pouvons jeter par la fenêtre notre radio et notre télé car dorénavant aucune chaîne ni aucune émission ne défendra nos idées. Les chiens de garde ont bien fait leur travail. La propagande capitaliste et sociale démocrate n’a plus aucune ombre à son tableau et aucune limite. Partout la même soupe nous est servie et la même idéologie crachée au visage. C’était la dernière émission grand public de résistance au système capitaliste et maintenant elle est éliminée. Tous les médias du système dominant pourront nous dire maintenant d’une seule voix quoi faire, quoi dire, quoi penser, quoi voter.

Soutenons l’émission !

En fait, tout cela est vrai seulement si nous, citoyens et auditeurs, restons passifs devant cette nouvelle. Mais le combat n’est pas fini, nous n’avons pas dit notre dernier mot. Plusieurs solutions restent encore envisageables. France Inter est une radio de service public et les travailleurs devraient avoir la parole dans cette radio. Nous ne pouvons pas rester passifs. Il en va de l’intérêt de tous les citoyens, de tous les communistes et de tous les syndicalistes. Sans « Là-bas si j’y suis » qui relaiera nos combats à la radio ? RTL ? Europe 1 ?

Pour signer la pétition pour que continue Là-bas si j’y suis :
www.la-bas.org/spip.php?article2266

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Un commentaire

  1. Je relaie aussitôt cet excellent article. quand Didie Porte fut interdit de cette radio, l’épuration avait commencée…
    avec Daniel Mermet, il n’y a plus aucun doute… « Combien de temps encore, va-t-on se laisser faire » ?

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