S’attaquer au capitalisme, battre le Front National !

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Même largement annoncée par les sondages, la victoire du FN lors des dernières électionseuropéennes du 25 mai 2014 doit sonner comme un grave avertissement.

Il réalise une percée inquiétante en obtenant avec 24,95 % des voix et 23 sièges au parlement européen son meilleur résultat historique ; l’UMP avec 20,79 % et 20 sièges suit derrière avec le centre : 9,90 % ; soit au total 55 % des voix pour la droite.

Outre ce score très haut du FN, la débâcle du PS est notable : 13,98 % et 13 sièges. Quant au score du FDG, il est très en deçà de celui escompté : 6,34% et 3 sièges. Ce résultat préoccupant qui préfigure une crise politique majeure est la conséquence immédiate du reniement des promesses de campagne du candidat Hollande, qui en 2012 promettait d’en finir avec l’austérité, de taxer les plus riches (à hauteur de 75 %), de revenir sur les contre-réformes des retraites et de créer 60 000 emplois dans l’Education nationale. Il n’en a rien été, bien au contraire ; la contre réforme des retraites a été aggravée ;

le gouvernement PS au pouvoir n’a eu de cesse de faire des cadeaux aux plus riches (pacte de responsabilité et son cortège d’exonérations fiscales aux entreprises et donc aux actionnaires) aux dépens du pouvoir d’achat des plus faibles (gel du point d’indice des fonctionnaires, baisse des prestations sociales).

Les usines ferment, le chômage explose, les statuts de la fonction publique et des cheminots menacés ; l’indemnisation des chômeurs remise en cause.

Alors que la croissance atone menace gravement le pouvoir d’achat, plutôt que de relancer l’économie, le gouvernement choisit d’obéir au diktat de l’Allemagne et de l’Europe libérale et d’appliquer les mesures de rigueurs drastiques qu’elles préconisent, préférant faire payer l’ardoise de la dette publique aux travailleurs plutôt qu’à leurs véritables responsables : les banques et les actionnaires rapaces qui réclament toujours plus de profit.

Le FN et Marine le Pen ont profité à plein du laisser-faire du gouvernement PS face au déclin économique qui a entraîné un désaveu populaire massif. Sous le masque antisystème, le FN a trouvé dans les étrangers et l’Europe les boucs émissaires responsables de la crise, et peut prôner la fin de l’immigration et le retour du protectionnisme.

Même au sein du Front de Gauche, certains se sont laissés tenter par la grave erreur d’une dérive protectionniste et nationaliste.

Ces valeurs ne sont pas celles des travailleurs et des salariés qui doivent se battre de toutes leurs forces pour affirmer leur internationalisme et leur solidarité avec les travailleurs étrangers ; la fermeture des frontières et de manière générale, la mise en place de barrières douanières auraient pour effet de restreindre le volume des échanges commerciaux à l’échelle internationale. Loin d’atténuer la récession économique, elle l’aggraverait encore plus – au détriment des salariés. Telle était la situation lors de la grande dépression des années 1930.Par ailleurs, le protectionnisme favorise des réflexes nationalistes et patriotiques. Cela revient finalement à sauvegarder des emplois « français » en imposant le chômage aux travailleurs des pays visés par les mesures protectionnistes. Bloquer les importations en provenance d’Inde ou du Maroc se traduirait par la suppression d’emplois dans les pays concernés. Cette démarche est en complète contradiction avec les idées que devrait défendre la CGT.

Face aux graves dangers de la montée du FN, qui cache sous des atours démocratiques son vrai visage : celui de bras armé du capitalisme dans le but d’effrayer les travailleurs et de détruire leurs organisations syndicales

, la CGT doit mettre en garde ses adhérents de ne pas se laisser abuser par ce discours démagogique et de ne rien lâcher sur les valeurs de fraternité, d’internationalisme et de partage qui devraient les animer.

Quant au front de Gauche, il devrait se différencier plus nettement du programme du PS avec lequel il a pu s’allier lors des municipales notamment à Paris. Lors des luttes comme celles des cheminots et des intermittents, il doit coller aux mouvements et se montrer intraitable avec le gouvernement en ne lâchant rien sur la remise en cause des statuts et du pouvoir d’achat. Son programme devrait être beaucoup plus osé ; récemment le groupe FDG a proposé à l’assemblée nationale la renationalisation des sociétés d’autoroutes honteusement bradées au privé par la droite en 2005, 4 milliards de cadeaux aux capitalistes qui seraient les bienvenus pour renflouer les caisses de l’Etat exsangue.

Même si ce projet a été repoussé par la droite avec la complicité des « socialistes », c’est la bonne manière pour regagner la confiance des travailleurs bien que cela reste insuffisant face à leur rapacité. Les capitalistes ont fait la preuve de leur incompétence pour diriger l’économie, ce sont des parasites ; il est maintenant grand temps de les exproprier et de renationaliser la plus grande partie de l’économie : industries, banques et médias sous le contrôle démocratique des travailleurs et de leurs organisations ainsi que celles des citoyens.

Geoffroy Galouzeau, PCF, Paris XX et CGT

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Un commentaire

  1. Malheureusement le PCF à eu longtemps un discours nationaliste chauvin sur la question de la production et de l’industrie, ainsi que sur la république Française comme si cette dernière n’était pas bourgeoise. Aujourd’hui le PCF et le PG ont une position ambigüe ces questions. Ils ne prône pas la sortie de l’UE, juste sa transformation en Europe Social et non Socialiste… là encore confusion. Sur la production, ils ont tous les deux une position protectionniste et non internationaliste, parlant de lutter contre les délocalisations sans lutter contre le système qui les permets : le capitalisme. Dressant face à face les travailleurs de chaque pays plutôt que de les unir contre les Capitalistes Français responsables de ce fait.
    Le replis sur soit, provoquera la faillite de la France Capitaliste, la mondialisation Capitaliste sont appauvrissement extrême, face a ces deux barbaries, seul la voie du Socialisme est une voie d’avenir pour le salariat. C’est la nationalisation des banques, des entreprises de l’énergie et des transports sous contrôle des travailleurs et des habitants qui doit être à l’ordre du jour si nous voulons en finir avec cette spirale infernale.

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