Lettre d’une militante du MJC de Toulouse, du 3 décembre 2005

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A l’attention : 
Du Comité Exécutif National du Parti Communiste Français 
Du Comité Exécutif de la Fédération du PCF de la Haute-Garonne
De la Direction Nationale du MJC

Chers camarades,

Cette lettre est un appel à la démocratie interne, au débat politique démocratique et fraternel au sein du MJC. Je pense devoir me présenter dans un premier temps, ce qui vous permettra de connaître la jeune militante qui vous interpelle.

Je m’appelle Salama et j’ai 25 ans. Je suis fille d’une française et d’un marocain, et je suis aujourd’hui agent administratif dans la Fonction Publique Territoriale. A l’université, je militais à l’UNEF. Après une mûre réflexion, cet été, j’ai décidé de rejoindre le Parti Communiste et le MJC.

Je me permets de vous alerter aujourd’hui au sujet d’une affaire grave concernant le comportement de David Fourcade, secrétaire fédéral du MJC de Haute-Garonne et permanent du Parti. Dernièrement, il s’est permis d’appeler, sur mon lieu de travail, pour « prendre des renseignements » auprès d’un de mes collègues sur ma situation professionnelle et syndicale. Une enquête de ce genre est-elle réalisée sur chaque nouvel adhérent du PCF ou du MJC ? Je n’accepte pas qu’un permanent du PCF enquête sur mes agissements au sein de mon syndicat et sur mon lieu de travail.

Les pratiques de cet individu à l’intérieur du MJC sont pour le moins très curieuses. Depuis plus d’un an, la section toulousaine du MJC a été très active sur le terrain. Elle tient une réunion de section tous les 15 jours. Elle réunit, lors de conférences qu’elle organise à l’Université du Mirail, entre 150 et 200 étudiants. Le site internet est mis à jour régulièrement, avec un compte rendu des activités publiques. De nombreux lycéens, et même des collégiens, ont rejoint la section, qui compte aujourd’hui une vingtaine de jeunes (collégiens, lycéens, étudiants et jeunes travailleurs). Et pourtant, pour David Fourcade, la section de Toulouse « n’existe pas » !

En janvier 2005, il a tenté d’annuler l’élection du secrétaire de section et de son trésorier, alors qu’une assemblée générale des militants les ont élus démocratiquement. Cependant, la section de Toulouse a confirmé le résultat de cette élection en votant, à l’unanimité, une résolution sur ce sujet [1].

Depuis, malgré tous nos courriers l’invitant à venir participer à l’activité de notre section, il nous ignore délibérément, ne répond à aucun courrier : en un mot, aucun dialogue n’est possible.

Récemment s’est tenue à Paris l’Assemblée Nationale des Animateurs du MJC. A Toulouse, nous avons convoqué une assemblée générale des militants, afin d’élire nos délégués. David Fourcade, qui était informé, n’est pas venu, comme à son habitude. Par contre, il aurait désigné – de manière tout à fait arbitraire – trois autres personnes, qui ne se sont pas d’ailleurs pas présentées à l’ANA [2].

Arrivés à Paris, plusieurs membres de la Coordination Nationale du MJC, avec à leur tête Nadhia Kacel, ont refusé de nous laisser participer à l’assemblée, en invoquant des motifs absolument fallacieux – que je vous énumère ici :

1°) Il nous a été reproché de ne pas avoir téléphoné pour prévenir de notre venue. Or, nous avons envoyé un mail concernant l’élection de nos quatre délégués à David Fourcade, sensé faire le lien avec la direction nationale.

2°) On nous a dit que nous n’étions pas légitimes, car notre section « n’est pas reconnue par votre secrétaire fédéral » et que, en conséquence, elle « n’existe pas ». La contradiction entre ce motif et le précédant est remarquable : nous n’existons pas, mais nous aurions dû téléphoner…

3°) Troisième motif : « la section toulousaine, c’est La Riposte ». Les camarades qui lisent le journal marxiste La Riposte sont traités comme des pestiférés, et semblent inspirer une peur irrationnelle à quelques membres de la direction nationale du MJC.

4°) Ultime motif invoqué par Kamel Brahmi, membre du Comité de Rédaction d’Avant Garde : « si ta section n’est pas reconnue par ton secrétaire fédéral, c’est parce que vous n’êtes pas dans la ligne ».

Face au refus de laisser entrer dans l’ANA les 4 délégués toulousains du MJC, nous avons distribué aux autres délégués, sur place, le tract ci-joint.

Lors de l’ANA, Nadhia Kacel a par ailleurs insulté notre secrétaire de section, devant une dizaine de camarades, en le traitant de « débile mental ne sachant pas aligner deux mots à la suite ». Les témoins de cette scène furent abasourdis par un tel comportement. De manière générale, le comportement des dirigeants du MJC a choqué de nombreux militants.

Enfin, la semaine précédant l’ANA, nous avions organisé à l’Université du Mirail une conférence sur le Venezuela, avec une projection-débat (autour du documentaire La Révolution ne sera pas télévisée), en partenariat avec le Cercle Bolivarien de Toulouse, la campagne internationale Pas Touche au Venezuela et l’UNEF. David Fourcade s’est permis de demander au responsable de l’UNEF de retirer le logo de la JC de Toulouse sur les tracts et affiches, en leur expliquant que nous n’étions pas « légitimes ».

Des agissements de ce genre, et le fait qu’un permanent du PCF cherche des renseignements sur ma situation professionnelle et mon activité syndicale auprès de mes collègues, ne peuvent que nuire à l’image du PCF et du MJC. Ces pratiques malsaines vont directement à l’encontre de l’esprit d’ouverture et de dialogue qui fait la force du mouvement communiste. C’est ensemble, dans le respect des idées et de l’engagement communiste de chacun, que nous devons avancer pour construire un MJC fort et démocratique.

Fraternellement,

Salama Mondiner
Toulouse, le 3 décembre 2005

La Riposte

 

[1] Lettre de protestation du 7 février 2005

[2] Voir Lettre et résolution de protestation sur la désignation des délégués toulousains à l’ANA, du 22 octobre 2005

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